20.000 lieues sous Paris

Les gens, le 14 février, se regardent dans le blanc des yeux, sortent au restaurant payer 30% plus cher que d’habitude un menu unique où le dessert est nécessairement en forme de cœur, et ils ont l’air de vachement s’emmerder.

Heureusement, en cherchant deux minutes, on peut trouver d’heureuses alternatives. Par exemple, pour moi cette année, c’était une excursion 20.000 lieues sous paris dans un univers steampunk post apo. Je sais que j’ai l’air folle quand je dis ça mais si, c’est possible.

Donc, les plus fidèles d’entre vous savent déjà que je ne possède pas de tenue steampunk. Ca a été un petit défis d’y remédier avec les moyens du bord, quasiment zéro budget, et une limite de temps réduite, mais ça a roulé. Je suis même plutôt très fière du résultat, que j’ai pu immortaliser en compagnie de Marie. Vous noterez le pistolet à eau repeint pour l’occasion. Création maison.
Marie (Santa Desdemona, pour le commun des mortels), je l’ai rencontré dans les vestiaires en l’aidant à lacer son corset (et ajuster le tuyau, là, et accrocher le hublot, ici). C’est en fait la fille qui a effeuillé Dark Vador en Slave Leila a Geekopolis l’année dernière. Une collègue donc. Il s’avère qu’on a plein de poins communs inattendus. Par exemple on a toutes les deux longtemps été membres d’une chorale classique. On a donc foutu l’ambiance dans le backstage en chantant à plein poumons des chansons qu’on aime toutes les deux genre le Cell block tango, de la BO de Chicago. Chouette fille.

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Le décor était assez sublime. Pour l’occasion les Caves Lechapelais ont été entièrement redécorées. Le sol était jonché de tapis, de  tables basses, de poufs et de coussins. Plusieurs hublots au mur laissaient apercevoir les fonds marins, une fresque de poulpe gigantesque était posée devant le bar et SURTOUT, je suis tombée folle amoureuse du décor de fond marin circulaire, bleu, mélancolique, magnifique, qui ornait la salle de danse. Il collait merveilleusement avec mon show sirène, dont j’ai créé la V2 pour l’occasion.

Je me suis carrément permis d’ l’ouvrir en interprétant l’aquarium du carnaval des animaux à la flûte. Parce que je peux. En toute modestie, ça claque 🙂

Je fini le show nue à part plusieurs bijoux/harnais/chaines de tailles couleur argent. Malheureusement je n’ai reçu aucune image de la fin du numéro. Il faudra donc que je le prenne en photo moi même à la maison. Voici déjà ce que j’ai :

Ensuite, ma foi, les filles d’Event Division, l’asso organisatrice, nous ont interprété « les nuits d’une demoiselle » debout sur le bar, en play back parce que le micro ne marchait pas mais avec un sourire jusqu’aux oreilles, puis le dancefloor a officiellement ouvert pour plusieurs heures d’electro swing. Sans surprises : je me suis amusée comme une folle.

J’ai aussi servi de PNJ dans la chasse à l’homme organisée lors de la soirée par Kymaris, qui avait vraiment super pensé son concept, c’était top. Vous voulez voir de la joie ? regardez les participants à la fin :

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Anyway, c’était fort bien, j’ai pris beaucoup de plaisir comme animatrice et comme participante aussi, et ‘jattends avec impatience la prochaine soirée organisée par les filles.

Faudra venir, vous aussi.

Ce qu’un an et 52 autoportraits m’ont appris sur moi, sur la photo, sur les autres.

Ce qui compte, c’est de donner sincèrement, sans compter

Il  y a des jours où atteindre la qualité qu’on juge « minimum pour parution » est impossible, que ce soit pour des raisons de temps, de moyens, ou simplement à cause d’un ratage. L’essence du projet étant dans sa régularité, il a fallu apprendre à vivre avec.
Aussi il y a une semaine où j’ai pu consacrer 4 heures à la retouche d’une seule image, et d’autres où la prise de vue et la mise en ligne ont pris bout à bout 30mn.

Semaine 13
Un projet préparé, pensé et exécuté. Le résultat n’est même pas ce que j’espérait, mais au mois tout à été fait dans les règles
Semaine 16
Une mage réalisée en un clin d’oeil en lumière naturelle, avant d’aller déjeuner chez ma grand mère. Ironiquement, une des meilleures de la série.

 

Je ne suis pas maîtresse de ce que je photographie

(Ou bien c’est les autres qui ont plus de discipline que moi… )

Mise en situation : J’avais prévu de faire une carte postale cochonne ambiance Paris début de siècle, je me retrouve avec une pin-up très Amérique 1950. Oups, l’habitude…

Je n’ai pas assez d’espace pour disposer les flashs comme je veux, finalement le nu en noir et blanc c’est mort. Bon je vais mettre mon ensemble en latex, il est super mignon, pas grave.

C’est un travers contre lequel il a fallu sacrément lutter d’une semaine sur l’autre. Quand j’avais une idée très précise de ce que je voulais, il m’est arrivé de me battre jusqu’à ce que j’obtienne exactement ce à quoi je pensait, comme par exemple pour la série (un)dressed. Mais le plus souvent, je changeait mon fusil d’épaule. Si c’était à refaire, je me forcerai peut être à plus de discipline, pour ne pas regretter ensuite de ne pas être plus sortie de ma zone de confort.

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Le matériel, ça compte

Non sans rire, bien sur que ça ne fait pas tout mais ses limites peuvent être infiniment frustrantes. La faible ouverture de mon objectif par exemple a été la source de nombreuses frustrations, j’aurais volontiers exploré des effets de Bokeh bien soyeux. Néanmoins, il m’a suffit d’investir dans un kit de flashs bas de gamme pour complètement révolutionner mes prises de vue (et me permettre de shooter l’hiver quand la lumière naturelle ne rentre plus assez dans mon appartement).

Semaine 22
Première photo réalisée avec mon kit de flashs. Le coup de foudre immédiat.

La discipline aussi

Oui, ranger le studio alors qu’il faudra le ressortir dès le week-end prochain, ça ressemble un peu à une punition. Déplacer les meubles de mon petit chez-moi chaque semaine ressemblait parfois à une tâche insurmontable. mais c’est dans les usages du quotidien que je trouve la force de continuer, il fallait donc maintenir mes habitudes autant que possible pour éviter que je me retrouve complètement déphasée.

 

Mon corps change moins que la façon dont je le perçoit

Il y a eu des jours où quoique je porte je me sentais très moche, et d’autres où tout m’allait. Les semaines où me mettre au travail m’a le plus coûté sont les celles où j’avais le sentiment que qu’importe mes efforts, je n’arriverai jamais à me rendre présentable. Ce qui est particulièrement intéressant à ce sujet c’est que de toute l’année, mon corps a très peu changé.

 

En plus je sais pas me maquiller.

Mettons que j’ai commencé à piquer ses magazines à ma maman vers mes 12 ans. On en est à 14 ans de conseils beauté mis bout à bout. Pourtant c’est Comtesse Léa qui m’a appris à m’épiler les sourcils cette année et à les maquiller. Je déplore que l’industrie soit si douée pour inventer de nouveaux fards censés révolutionner nos rituels beauté alors que les magazines sont si mauvais à nous expliquer comment tirer partis des basiques. Pas étonnant qu’on se trouve toutes moches et qu’on continue à acheter, me direz-vous…

Il en va de même pour la coiffure, et j’ai beau avoir scruté mes collègues, elles non plus ne semblent pas avoir accédé à un savoir supérieur sur la question. Ça a tendance à me foutre un peu en rogne.

 

D’ailleurs, chacun verra bien ce qu’il veut dans mes images

Il y a des images que j’ai publié jute parce que je me trouvait très belle dessus, j’ai reçu des compliments sur la compo. D’autres où j’étais très fière de la lumière, j’ai eu des compliments sur mon corps. Certains ont vu une croisade de l’acceptation de soi et une ode aux courbes, d’autres un parcours d’apprentissage. Il y en a qui ont décidé que c’était un projet artistique. Ma propre opinion a évolué d’un jour sur l’autre, mais si il faut dire la vérité, je cherchait juste un moyen sympa d’animer ma petite communauté, étant quand même community manager de formation. En gros, j’ai fait ça parce que je vous aime et que je veux vous garder contents, voilà.

 

Les copains ont envie d’aider.

Donc merci Gary, Jérôme, Bess, Cécile, Roxanna, Justine, Nicolas, Marie-Odile, Marilou, Marie-Ange, Kevin, Sarah, Aurore. C’était fun. Vous avez fait make up artist, doublure lumière, trépied humain, accessoiriste, éclairagiste ou garde du corps. Vous êtes cools.

 

Arrête tes conneries

Éloigne toi du fond, grognasse.

Le mur est aussi éclairé que toi ça n’a aucun intérêt.

Et là, t’as coupé le pied.

Elle est surex cette photo.

La verticale est pas verticale.

Ça aurait été mieux avec le focus sur le visage.

Tiens toi droite

Rentre le ventre

Y’a une ombre, là.

Autant de leçons à retenir pour la suite, du coup. Ca ne sera pas une photo par semaine, mais je compte bien mettre tout ça à profit.

Un petit cadeau juste pour célébrer les Gf On the web

Les Geek Faeries on the web c’est ce week end (en fait, vu la date de parution de cet article, c’est très probablement maintenant. Là)

Pour ceux qui ne le savent toujours pas, les Geek faeries c’est un festival identitaire geek, qui célèbre une culture et ses modes d’expression. Proche du fandom, proche des gens, humain, épique. Je suis tombée amoureuse de l’équipe en 2012. Depuis nous collaborons sur un module très spécifique du festival : Les Eroteek faeries.

On aime tellement ce module, et vous l’aimez tellement vous aussi, qu’on aime le reproduire aussi dans les éditions dématérialisées du festival, mais toutes les salles ne s’y pretent malheureusement pas. Un spectacle burlesque, pour ne pas gêner les voisins, il faut quand même que ça soit sacrément insonorisé 😀

Anyway.

J’avais envie de faire quand même un petit quelque chose, et je me suis dit qu’un truc bien ça serait de prendre quelques photos. Comme ça je peux faire de la pub pour le festival et y ramener quelques viewers de plus, et faire un petit cadeau aux membres déjà existants de la communauté.

Donc voilà, il existe un password. Samedi soir je le diffuse. Trouvez-le et vous gagnerez une série de photos complètes.

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Vous remarquerez sur le preview ma copine Brigitte, c’est un souvenir des OnTheWeb v2.0 offert par Alfinor. Il est super talentueux, j’ai profité de chacun de mes passages près de son bureau pour regarder. Et vous noterez l’emblème des Geek faeries sur son dos. La classe.
Le fond d’écran de mon ordi a été créé par un membre de la communauté et uploadé sur le thumblr des Gf lors du ontheweb V1.

On va inventer des moyens intelligents ou marrants pour vous de l’avoir, comme le demander sur l’IRC ou fouiller les thumblr et/ou le flux twitter des GF. Voire me poser directement la question (hein, ça serait une idée).

Voilà, je vous aime.

D’ailleurs on va la jouer nostalgique, voici la playlist des premières Eroteek On The Web : https://vimeo.com/channels/611852 (On fera encore mieux en juin)

Eroteek Faëries V3 : L’ouverture des Eroteek from Geek Faëries on Vimeo.

la fée des bois

Aujourd’hui, je partage avec vous le fruit de ma première collaboration avec Nadir Merkal aka Mister Digitall.

Je l’ai rencontré à la Cantada, où il shootait très régulièrement les Burlesque battle des Kisses Cause Trouble, et il y a deux choses que j’ai retenu assez rapidement sur lui :

  • Nadir livre les photos avant tout le monde. Je rentre chez moi m’endormir comme une fleur et au réveil, je retrouve les photos dans mon fil d’actu.
  • Nadir sait me capter en train de sourire, mais pas quand je ressemble à une sorcière.

Et ça c’est un talent parce que quand je souris, allez savoir pourquoi, je rentre ma tête dans mes épaules, comme pour me planquer. Il en résulte un truc assez disgracieux, avec double menton et tout. Je vous le cache avec un soin infini depuis des années, c’était déjà comme ça en 2006, c’est dire.

La vérité c'est que ça, ça n'arrive presque jamais
La vérité c’est que ça, c’est ce qu’on peut espérer de mieux

Anyway. Nadir est cool, donc.

Un jour, on s’est dit que ce serait une bonne chose de bosser ensemble. C’était l’automne, j’étais dans ma période « ho-les-jolies-feuilles-dorées-faisons-une-couronne-avec« ,  du coup j’ai proposé qu’on shoote dans les bois. J’ai de la chance, il a dit oui.

On notera encore une fois l’énorme impact qu’a eu Sirithil sur mon cerveau. Avant, poser pieds nus dans les bois, c’était niet.

Comme je suis une aventurière et que je n’aime pas rester sur une mauvaise impression, on est retournés dans la forêt de Meudon, où les choses s’étaient si mal passé la dernière fois. Cette fois-ci ça s’est passé sans accrocs, probablement aussi parce que nous n’étions pas deux femmes mais une (moi) accompagnée de trois hommes (Nadir, son assistant, et mon homme). Et puis je n’était pas toute nue dans l’eau, ça doit jouer un peu.

J’ai mis la fameuse robe blanche que j’ai cousu moi-même. Définitivement, il faudra que je trouve de la lingerie adaptée pour ce type de silhouette, qui est très différente de ce que je fais habituellement. Là dans le doute, je ne porte rien dessous, et ça fait un peu trop Hippie et pas assez 1920 à mon gout.

Par contre les photos sont super jolies.

Merci ❤

A studio in Paris : Backstage in slow motion

Some of you asked about my selfportraits and how I manage to do it. And I really love to andwer that question because this all year has been about finding a creative process that can take place in my very small appartment, do not requiere extra help, and matches my standards for quality in the best way possible. And by that I don’t mean that I am entierly satisfied with my work, but I’m not ashamed by the result.

I just think that peoples have been taking erotic photography for something like 100 years now, and I probably have a lot more ressources than they do with my electronic camera and my very good friend Adobe (lightroom is my best fried, truly !). So what if I decided to recreate a very basic studio with a simple setting, an unique flashlight, and tried to do my best with it ? Could I be as beautyfull as those  womens ? Would I be able to create something okay with the very little I know, and the huge amount of work that i’m willing to put into this ?

This is the first image I did, as a test :

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Pretty convincing, huh ? Now you know : from time to time, my home becomes a TARDIS. It’s way bigger on the inside, and it can travel in time and space. But my favourite place of all is Paris 1920. And I did this vidéo to share my last trip with you.

 

Flower fairy costume

I’m curently working on a flower fairy costume for a party. I’m attendig a bal next week. It’s gonna be a big event with a nature theme, and I just can’t just go with a random dress and a flower tiara. You know, it would be a shame to pass on such a great opportunity to create something new !

So I went on my couture jedi master’s blog, to see if she had anything inspiering for me, and I saw this :

That girl is only 17 years old, her name is Angela Clayton, and she is crazy talented. You should check out her work.

Anyway, that skirt was everything I needed, and more. To do it, you just need to create a 3/4 skirt and fix fake flowers on it with hot glue.
Then, you pin and sew 2 layers of tull on top of it, add a zipper, and you’re done !

I got all I needed for cheap, except forthe flowers. So I had to buy a few less that I wanted, and was pretty worry that the final result would seem « poor » and crappy, but it all went well.

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I also worked on the top. First try, I wanted to do it like Angela, all in one piece, but it’s very difficult when you have a wide chest. So I finally gave up and draw a corset pattern, using my natural measurements (and not corsetted one, cause I wanted something easy to do, and to wear, with very little boning)

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Its almost finished ! I still want to add silk sleeves, and some decoration on the corset. I also have to so something for my hair. Like a crown or a fascinator, but I’m really happy about how it turned off. The corset is a little bit too big, I still don’t know how i’m gonna fix it, but I got a week to figure it out.

Would you like me to wear it on a set this spring ?

Les nouvelles du front

Je ne vous ai pas donné de nouvelles depuis trop longtemps, c’est mal.

Comme vous le savez sans doute, en juillet je tombait dans une profonde phase de déprime en faisant mes comptes. Vous ne savez pas ce qui a causé ce constat. Ca va demande une rapide mise à jour : en 2012 mon père a pris sur lui de continuer à me verser une petite somme chaque mois, comme quand je faisait mes études, pour m’accompagner dans le début de ma vie active. Il a pris cette généreuse décision quand les choses ne se sont pas passées comme prévues pour moi. (Pour faire court, la boite qui m’avait embauché après mon stage à la sortie de l’école a finalement changé d’avis 15j avant la fin de ma période d’essai. Naive, j’étais tellement confiante que j’avais déjà trouvé un joli placard appartement sur Paris. Mon père à proposé de m’aider  à le garder, et a donc continuer à me donner ce coup de pouce mensuel.).
Papa, comme c’est son droit, a décidé d’arrêter. ET c’est pas grave parce que les choses vont mieux pour moi aujourd’hui qu’en 2012 mais je suis encore à découvert tous les mois sans sortir et sans me payer de fringues, donc l’avenir ne s’annonçait pas super souriant. Mon projet photo en cours s’en trouvait un peu remis en question.

Et là il s’est passé un truc de fou : certains de mes fans dont je suis le plus proche m’ont fait savoir tout net que si j’avais besoin d’aide, ils seraient heureux de participer. J’ai mis en place cette page : http://www.mademoisellecherie.net/contribuer/ et contre toute attente plus de 400€ ont étés levés en 15 jours pour m’aider à remplir mon frigo, à envoyer mon loyer en début de mois (ça serait con que je me fasse expulser, hein) et à continuer à financer make up, réparations de mon matériel, et occasionnellement achat d’un rouleau de papier peint pour changer le fond de mon « studio ». Pendant une semaine, j’ai sous-loué mon appartement à un collègue de Marseille de passage à Paris pour les vacances. J’ai aussi mis plusieurs tenues en vente, et je me suis mise à beaucoup bosser sur un site qui me permet de rentabiliser mes photos. Et du coup aujourd’hui ça va mieux.

MERCI. Mais vraiment du fond du cœur. Je l’ai déjà dit à tout le monde individuellement mais vraiment vous êtes de grands malades et je suis juste démunie devant cet élan tellement c’est inattendu.

Du coup depuis fin août, ça va mieux. Je tenais à vous le dire parce que c’est important que vous sachiez que vous ne m’avez pas portée pour rien : grâce à vous je me sens assez forte pour continuer sans l’aide de ma famille. J’ai retrouvé mon énergie et mon sourire, et j’ai de nouveau pleins de projets.

Les 52 autoportraits vont bientôt être bouclés, j’en suis à 40, plus quelques prises de vue inattendues qui me sont tombées dessus. Il y a des copines qui ont pensé que j’étais assez bonne pour les photographier, et je me suis retrouvée à mettre ce que j’ai appris en photo au service d’autres personnes, et c’est super agréable.

Bon du coup je ais me remettre à la création de costume parce que j’ai plein d’idée et de nouveau plein d’énergie pour affronter les longues nuits de couture. En plus le bal paradoxal approche, et en janvier y’a les GF on the web.
D’ailleurs pour les GF on the web, j’ai super hâte. Les copains me manquent, et j’ai pleins de numéros à vous monter et de gens supra motivés qui sont prêts à me rejoindre dans l’aventure.

Du coup je vous laisse avec une vidéo des copains qui eux aussi vont bien.
Et n’oubliez pas que je vous aime

Mate moi, je l’ai bien cherché

Hier soir River, le pendant photographe de Sirithil, a fait un truc dont elle rêvait je crois depuis un moment : elle m’a jeté nue dans un lac.
Son immense emprise sur mon cerveau n’est plus à prouver, je pense d’ailleurs qu’il faut que je commence à me méfier de ce qu’elle pourrais faire d’un tel pouvoir.
Bref, sachant ce qui me pendais au nez, je lui ai montré ça :

Je suis désolée c’est sous titré en… je sais même pas en quoi c’est sous-titré. C’est Gary qui m’a fait découvrir ce film un week end de 15 août. Vous ne le connaissez pas mais je l’écrit au cas où il passe par là : j’ai passé une chouette après-midi et tu avais raison sur ce film.

Bref. Ca vous vous en foutez.

Ce que je compte bien vous raconter par contre c’est ce qu’il s’est passé alors qu’on vaquait toutes les deux à nos affaires pour faire ce qu’on fait. mais avant je vais vous montrer le résultat parce que je trouve qu’on a bien bossé :

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Généralement le comportement des personnes qui croisent un shooting sauvage s’échelonne de la bienveillance à l’ignorance la plus totale (une séance photo ? quelle séance photo ?), en passant par plusieurs stades de curiosité. Demandez-moi une moyenne, je vous dirais que la question à laquelle il faudra répondre le plus souvent aux passant c’est soit « est-ce que c’est bon, je peux passer ? » soit « c’est pour quel magazine ? ».
On n’a pas eu de chance hier soir, il y a bien eu quelques passants amusés, des sourires, des « elle est pas froide ? » (non ça va elle est plutôt tiède, je m’attendais à bien pire) mais on a aussi eu plusieurs spécimens assez lourd qui, additionnés les uns aux autres, ont faillis me convaincre de me rhabiller et renoncer à mes images.

Ca commence avec le camion plein de ce que je suppose être des employés de la mairie, qui sont passés a proximité et qui se sont arrêtés parce qu’à me voir dans la flotte comme ça de loin, ils ont cru à un accident. Nous les avons rassurés, nous les avons remercié de leur sollicitude, et j’ai dit à leur porte-parole que dit que si maintenant ils étaient pleinement tranquillisés, avec leur permission j’aurais aimé continuer à vaquer tranquillement à mes occupations.

Je vous défie d’avoir cette conversation avec qui que ce soit, nue comme un ver, dans l’eau jusqu’à la taille, les bras croisés sur la poitrine et les pieds écorchés par le fond du lac. Envoyez-moi vos selfies si vous le faites, qu’on rigole. Moi je me sentais très con, et j’imagine que ça m’a fait perdre pas mal de mon autorité.

Le mec s’est attardé, à fait remarquer à la cantonade que quand même, je suis bandante, mais a fini par s’éloigner. Enfin pour un moment. J’avais mieux à faire que de m’insurger sur son comportement comme son vocabulaire. On a continué nos photos.

Ensuite c’est un promeneur qui s’est arrêté et nous a posé quelques questions. On y a répondu d’aussi bonne grâce que possible (rapatriement de mes avant bras sur ma poitrine), et on a attendu qu’il parte, ce qu’il n’a pas fait. Je lui ai demandé si il allait rester là à mater, il m’a répondu que oui, qu’il faisait ce qu’il voulait, qu’il n’y avait rien de mal à mater, et que d’ailleurs on est en France et c’est un pays libre. J’ai bien sur rétorqué que pour les mêmes raisons de liberté, je suis libre de refuser qu’un étranger lorgne mes seins de façon aussi ostensible. J’ai insisté sur le fait que j’avais explicitement exprimé mon opposition et que c’était vraiment crade de sa part de rester quand même, mais il n’en avait apparemment rien à foutre. une promeneuse s’est arrêté pour nous aider. River/Sirithil a pris une photo du type au cas où, la promeneuse s’est mis à le filmer, après quelques menaces fusant un peu de tout les côtés (« je vais appeler les flics !! ») le mec s’est néanmoins éloigné en insultant copieusement la promeneuse.

Retour au très bienveillant groupe de types non-identifiés du camion un peu plus tot. Massés sur l’autre rive, leurs commentaires me parvenaient jusqu’à mon coin de lac. « Putain les nichons ! ». On s’est brièvement demandé si ils avaient des jumelles ou pas pour mieux voir.
Je sais qu’ils sont énormes mais à cette distance quand même…

Je ne vais pas plus vous raconter ma soirée. Je voudrais juste revenir sur deux ou trois choses.

Oui j’étais nue dans l’espace public. J’aimerai m’adresser à tous ceux qui blâment les victimes de prime abord, on gagnera du temps. RIEN ne justifie qu’on continue à regarder une personne qui vous a demandé d’arrêter. Ou à la rigueur vous êtes en train de filmer un crime pour permettre à la police d’arrêter le tueur. Le consentement est au centre de pleins de débats en ce moment, et ben je peux être là dehors et ne pas consentir à ce qu’une personne se pose à trois pas de moi pour me mater ouvertement.

Dire à une parfaite inconnue qu’elle a une poitrine attirante n’est pas acceptable. Tu me dis que c’est « gentil » et que c’est « juste un compliment ». Si c’est un compliment va le faire à ta mère pour voir. Mec, je me fout de ton opinion. Positive ou négative. Je reste polie uniquement pour te prouver qu’on peut être à la fois nue et dotée d’un cerveau, voire d’une âme.

Le passant super chiant a proposé de nous prendre en photo toutes les deux. Parce qu’il est un homme et que nous sommes deux femmes, vous savez. je pense qu’il n’y a pas besoin d’en dire plus.

Le porte parole des gentils mais lourds monsieurs en camion est revenu pour nous proposer de faire des photos avec « un beau black ». Non, merci. Être une femme nue dans l’espace public ne fais pas nécessairement de moi une nymphomane ni de la femme qui me prends en photo une pornographe. Notre refus conjoint ne fais pas non plus de nous des lesbiennes. Nous ne te rejetons pas parce que nous détestons tous les hommes, nous te rejetons parce que ta proposition ne nous intéresse pas. Et là encore, nous sommes restées polies pour des raisons évidentes de pédagogie. On s’est même expliquées avec le monsieur.

River et moi ne sommes pas intéressées par les photos d’hommes. J’ai lu quelque part que plus on est exposé à un objet en image plus on est enclin à le trouver beau. Sérieux, il y a eu des études sur la question pour nous prouver encore une fois que lire des magazines féminins détruit notre vision de la beauté en imposant littéralement à notre cerveau ces images auquelles ont est massivement exposées comme la référence. J’ai l’impression d’avoir été conditionnée à n’aimer que les filles nues, l’égalitaire en moi a toujours trouvé ça triste, et un jour je m’interresserai vraiment à photographier des modèles masculins juste pour rétablir un semblant de justice dans mon univers.

Je m’insurge une dernière fois que quand une fille croise les bras pour dissimuler son corps, il y ai encore des gens assez con pour se placer en spectateur et ne pas détourner le regard. Je remercie la passante qui s’est impliquée pour nous. Je rassure River : je t’en veux pas meuf.
Vous pouvez lire son article sur la question si vous le souhaitez.

Vous noterez que j’ai volontairement évité d’orienter le débat sur le fait que ce que nous faisions n’avait rien de provoquant ou de vulgaire, parce que je pense que même si ils étaient tombé sur un tournage porno sauvage, la bonne attitude ça aurait été de passer leur chemin silencieusement.
Même les filles à poil ont droit à leur tranquilité, merde.

Je vous embrasse fort, à très vite pour de nouvelles aventures.
Et n’oubliez pas que je vous aime.

Fetnight

Je ne suis pas franchement du genre partygirl, mais j’ai néanmoins été heureuse d’apprendre le lancement de la Fetnight, nouvelle soirée fetish parisienne. Quand je me décide (enfin) à sortir, j’aime avoir le choix.

La fetnight, c’est une soirée fetish aux caves Saint Sabin. L’endroit magnifique n’a pour ainsi dire pas bougé depuis mon adolescence troublée où je m’y rendais déjà pour les soirées gothiques organisées un samedi par mois. le staff oubliait systématiquement de me demander ma carte d’identité à l’entrée, et j’avais l’impression de pleinement me connecter à mon côté edgy, à porter des corsets et à danser sur de l’Electro dans une cave à la déco un peu médiévale jusqu’à l’heure du dernier métro.
Vous pouvez rire, même quand je me dévergonde je suis vachement rangée.
Détail amusant : Maitresse K aussi fréquentais l’endroit étant jeune, quand l’entrée coutait 99F et qu’il y avait open bière (un peu avant mon temps donc).  On a comparé nos expériences et énormément rigolé en voyant à quel point ces soirées font figure d’institution.

Bref

Gentiment invitée par l’organisatrice, la très pétillante Maitresse K, j’ai raté la première édition à cause d’un soucis de voiture. Je suis donc venue sans faute à l’édition 2 même si je n’avais personne pour m’accompagner et un peu peur de ne connaitre personne.

Bonne surprise : tout le monde était là. Tous les deux mètres j’avais quelqu’un à qui faire la bise, l’ambiance était détendue,  les consommations assez bon marché, la musique… j’ai l’impression que la musique des caves n’a jamais changé. Je pourrais juré avoir dansé sur le même morceau de Rammstein une bonne cinquantaine de fois sur leur dance floor. Un charmant jeune homme m’a offert un massage des pieds, j’ai retrouvé un type avec qui ‘javais flirté à ma toute première fetish projetc à Bruxelles en 2009. Maison.

Je me suis enfuie vers 1h du matin pour rentrer avec le dernier métro, le carrosse des pauvres et des couche-tôt dans mon genre. En plus mon mec m’attendais à la maison et ‘javais hâte de le revoir. Avant, j’ai néanmoins pris le temps de faire un tour dans le photocall pour immortaliser ma tenue (gentille touche pour ceux d’entre nous qui soignent beaucoup leur look pour ces soirées.

Chouette surprise :  ma photo sert de flyer à l’une des prochaines éditions

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Pour l’édition suivante je suis venue avec  Sirithil, et là encore on a pris le temps de se faire une petite photo souvenir, mais avec Maitresse K. Son costume de sailor est absolument adorable,  vraiment ça m’a fait plaisir de voir ça.

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C’était chouette vraiment, je reviendrais avec plaisir, mais je pense qu’encore une fois je suis un peu en décallage avec le public.

Le staff insiste sur le fait qu’il n’est pas question d’une soirée libertine, il n’y a donc pas de coin câlin. J’apprécie ce détail dans le cadre d’une soirée mensuelle, sans vraiment de raison. J’ai le sentiment qu’il y aura moins de personnes présentent spécifiquement pour rechercher un partenaire, quelque part je me sens moins traquée. Ça ne fait sans doute aucune différence dans la réalité mais moi ça m’aide à me sentir mieux.

Il n’empêche qu’à la sortie un type nous a abordé pour dire à Sirithil qu’elle était magnifique. On a souri, on ‘na pas arrêté de marcher. J’ai répondu « c’est très vrais », et tel un gros lourd il a ajouté, en criant puisqu’on était déjà un peu loin qu’il ferait n’importe quoi pour la servir, ou un truc du genre.

Pardon mais j’ai un gros soucis avec les types qui se disent soumis et qui sont en fait de gros boulets. Il y en a toute une frange là dehors qui se comportent comme des gosses en demande d’attention, vous harcèlent de messages alors que vous n’avez rien demandé,  et s’imaginent qu’ils ne sont pas pour autant invasifs parce qu’ils se mettent en position de soumis (signer « esclave M. » suffit apparemment à annuler tout inconvénient qu’ils vous causeraient. )

Le dispositif dans leur esprit à l’air d’être le suivant : « je me comporte comme un rustre, c’est parce que je suis une larve, maintenant punissez-moi ».  Non mec, tu t’es comporté comme un rustre, j’aimerai passer à autre chose et vivre ma vie. Je ne te punirais pas quand ton bon plaisir l’exige, en fait je ne te connais pas et on ‘na pas ce genre de relation, vu qu’on n’a pas de relation du tout.

Bref, je disgresse. J’aime beaucoup les soirées fetish, je peux voir mes copines, me faire belle, et danser autant que j’en ai envie. J’aime moins me faire emmerder par des prédateurs qui se disent soumis et c’est pour ça que je fréquente extrêmement peu les milieux SM. A la fetnight, le staff est cool, et souriant, et se prends pas au sérieux. Y’avait un type habillé en stormtrooper, et un garçon habillé en fille qui riait beaucoup et à qui j’ai donné une astuce pour mieux appliquer son rouge à lèvres. Le mec à l’entrée, je l’ai rencontré à un vernissage aux furieux et on a discuté cosplay pendant une bonne heure.

Et le prochain qui m’emmerde et qui réclame une punition derrière, il va se taper un laius sur les bonnes manières, c’est tout ce qu’il mérite.