La dernière fois qu’on a discuté vous et moi, je vous racontais comment j’avais changé de boulot et commencé à embrasser des habitudes de vie un peu saines. Aujourd’hui je vais vous parler de tout ce qui a changé d’autre, ça a été pas mal rock n’ roll.
Bon alors déjà, le nouveau boulot ne s’est pas super bien passé. Le projet était intéressant, mais quelques changements au sein de l’équipe ont compliqué mon intégration, et finalement on a décidé de ne pas continuer.
Je m’étais faite à l’idée de profiter d’une période de calme et d’en profiter pour faire pleins de photos, j’avais même décider de ne pas envoyer de CV avant début 2017 quand un cabinet de recrutement m’est tombé dessus. Je vous la fait courte : j’ai été embauchée. Mon (nouveau) nouveau boulot m’est tombé dessus par hasard est proche de la maison et plutôt bien rémunéré, du coup je me suis laissée faire. Espérons que cette fois-ci l’intégration se fasse de façon plus naturelle, mais je me sens déjà très bien au sein de l’équipe.
Parlons perso. Mon compagnon et moi nous sommes séparés en septembre. Le reste s’est enchaîné très vite et le premier octobre, je m’installais en coloc avec une amie. Je vois mon nouvel appartement comme une sorte de havre, et très vite je me suis remise à créer. On sent nettement l’influence de ma coloc dans certains de mes portraits qui prennent des teintes historiques, mystiques ou fantastiques. Étrangement elle a aussi influencé mon style, en fait ce sont pleins de pans de moi que je retrouve chez elle et qui en profitent pour se remettre sur le devant.
Et je peux constater moi aussi ma petite influence puisque je l’emmène régulièrement courir avec moi.
Toujours à un niveau perso, j’ai eu envie de briser mes schémas habituels, notamment celui du couple parfait, et de voir ce qui me fait vraiment envie, sans planifier. Du coup j’ai rencontré quelques personnes vraiment merveilleuses, mais je n’essaye pas de me poser avec. C’est libérateur, de se dire qu’il n’y a pas un stéréotype de la relation parfaite comme finalité. Pour de vrais, le voyage est tellement plus important que la destination, et ça me fait du bien.
Bon c’est vrais que je dois faire face à quelques conversations inconfortables quand j’explique à mes amis où à quelqu’un que je rencontre que je ne suis pas dans une optique de « stabilisation », ou même d’exclu pour ce que ça vaut, mais c’est l’occasion de faire un peu de déconstruction sur les notions de couple, de fidélité, et même de démonter un peu le slut shaming ambiant.
Vous me croyez si je vous dit que j’ai même eu cette conversation au bureau ?
Bref, en tout cas ça va bien. Le moral est au beau fixe, je me sens vraiment dans une bonne phase, en train de réaliser quelque chose de bien pour moi. Et mon projet de 2016 et ses 52 autoportraits touche à sa fin. A ma grande surprise, cette année encore je vais probablement réussir à le finir avec succès.
Votre soutient sans cesse renouvelé et vos mots d’amour font probablement beaucoup pour ma santé intellectuelle, d’ailleurs.
Bon, ce titre est volontairement putassier, si avec ça je ne fais pas une audience de malade, je comprends pas. A la limite il faudrait que je trouve un moyen de rajouter « chaton » dans l’intitulé, ou créer un listing et prétendre que le cinquième point va vous épater.
BREF, pardon pour le piège à clic. Évidemment j’adore recevoir de gentils compliments, et savoir que je plais. Le plus souvent. Nan mais bien sûr. J’aimerai cependant faire un petit focus sur ces réactions qui au lieu d’améliorer ta journée te renvoient à ta condition de sous-genre au pouvoir limité. Avant de le faire, je vais répéter encore un coup que vous pouvez dire pleins de trucs sympas à une fille sans vous faire défoncer la gueule pour autant, et que je ne compte pas initier une croisade anti-homme. A aucun moment. J’aime beaucoup des hommes, ce sont des humains comme les autres à mes yeux 😀
Pourquoi les compliments qu’on fait ne sont pas anodins
Je pense que ce qu’on valorise chez une personne, notamment dans son jeune âge, conditionne la personne qu’elle va vouloir devenir, et je ne souhaite pas encourager qui que ce soit à se contenter de son apparence pour avancer dans la vie.
Quel est le premier compliment qu’on fait pourtant à un enfant qu’on croise ? Si c’est un petit garçon, il y a de grandes chances que ce soit « comme tu es grand ! » (ou une variante telle que fort, ou rapide à la course), et si c’est une petite fille « que tu es jolie ! » (ou une variante). Machinalement, on ne se pose même pas la question, et je doute qu’il y ai une intention derrière, à part tirer un sourire à cet petit être humain en face de nous, souvent la progéniture d’un ami, d’un collègue, ou votre propre neveu ou nièce. Vous je ne sais pas, mais moi ça fait un moment que je me suis mise à me surveiller et à arrêter de dire aux petites filles que je croise à quel point elles sont jolies. Je préfère Courageuse, intelligente, gentille ou drôle. A la limite je les complimente sur leur sens du style, en visant si possible un de leurs accessoires qui ne soit pas rose. Parce que je lutte sournoisement contre les uniformes roses et bleus.
Y’a une vidéo qui est rigolote et qui en parle pas mal.
Voilà voilà. pardon pour les nombreux gros mots. Le seul truc dommage c’est que cette vidéo serve à vendre des t-shirts en fait, mais son contenu éducatif n’en est pas moins super cool. Enfin super déprimant, mais expliqué de façon très cool.
Mais les modèles non plus, faut pas leur dire qu’elles sont belles ?
« Bon d’accord Marie-Anne, on peut admettre que c’est un peu patriarcal de mettre le focus sur le physique des femmes au lieu de leurs compétences, mais tu fais des photos érotiques quand même. T’as pas l’impression d’abuser un peu en demandant aux gens de ne pas mater tes boobs ? »
Trop pas mes amours, vous avez la permission de regarder tant que vous voulez, c’est en effet en plein dans le sujet. Merci de le signaler. Liquidons cependant un truc : je ne pense pas que ma compétence se situe dans mon corps. Comme en témoigne si bien le travail de Gracie Hagen « Illusions of the body » , le même corps, selon la façon dont il est représenté, peut occuper toute une fourchette d’emplacements sur le spectre du beau/laid. Et ici j’oppose beau ou laid avec une certaine réserve, mais dans ce cas précis où je parle de donner son opinion sur le corps des autres, je pense que ce spectre « beau/pas beau » et le nuage de jugements et de quantifications qu’il amène est aussi pertinent qu’il est désagréable.
Quand même, regardez comme c’est troublant :
Donc là, si vous êtes comme moi, vous trouvez peut-être que finalement, c’est pas tant le corps qu’on a que ce qu’on en fait qui joue.
En conséquence, en tout cas en ce qui me concerne, je pense que commenter le travail d’un modèle en lui parlant de l’opinion que vous avez de ses seins, sa silhouette, son visage ou ses cheveux est une mauvaise réponse. Si le modèle en question est un poil expérimentée, elle a appris a croiser les jambes, à étirer son cou, à exprimer des choses avec ses yeux, ses mains, sa bouche. A prendre un air renfermé sans se recroqueviller. A ouvrir grand les yeux sans avoir l’air d’un lapin devant les phares d’une voiture. La nana doit apprendre à avoir l’air naturelle même assise en équilibre sur une surface franchement inconfortable ou immergée dans un lac jusqu’au cou. Vous croyez que la photo de boudoir fait exception ? Je me suis fait des courbatures de folies parce qu’avoir l’air détendue sur un lit de coussins sans pour autant s’affaler dessus avec un air de cachalot échoué demande de contracter à peu près tout ce qu’on peut contracter, sauf le visage, donc. Vous pouvez essayer chez vous, c’est drôle.
En plus, souvent je suis la fille qui a pris la photo. Là on triple les opportunités de me gonfler, puisque choisir de me dire « superbes courbes » au lieu de « je kiffe ta compo », c’est ignorer aussi le travail de mise en scène, de prise de vue et de retouche. Merci, dude.
Est-ce seulement approprié ?
Je ne tiens pas à verser dans la théorie du complot, mais des fois j’ai même l’impression que mettre l’accent sur le physique d’une femme au lieu du reste relève d’un mécanisme volontairement condescendant. Une façon insidieuse de te faire savoir que quel que soit la somme d’efforts que tu investis, tu seras jugée à la fin sur ton IMC, la symétrie de tes traits et la taille de ton bonnet. Vous les avez vus passer, lorsque Claire Chasal a quitté le 20h, les nombreux dossiers destinés à ses looks les plus mémorables ? Non parce qu’elle a eu une longue carrière mais n’oublions pas qu’elle est avant tout décorative, hein.
Du coup, méfiante que je suis, je reçoit plus volontiers les compliments portant sur mon corps de la part de gens avec qui j’ai déjà établis des liens, même infimes. J’ai alors le sentiment qu’ils ne sont désarmés, une simple façon de souligner une chose qui a attiré leur attention, avant de reprendre le cours de notre relation, qui doit forcément se baser sur autre chose que la somme de mes traits.
Un peu comme ça, oui
En plus, j’ai toujours eu du mal avec les avis non sollicitées. Quand est-ce qu’on est en position d’en donner ? Quel qualification vous donne l’expertise nécessaire pour aller placarder votre opinion sur le corps des gens comme ça ? Je pense notamment à mes amies cosplayeurs et cosplayeuses, qui en entendent de toute sortes en convention. Et puis je vois quelque chose de condescendant dans les commentaires lâchés au hasard de la toile, que vient encore accentuer leur forme dénuée de sujet ou de verbe. Souvent ils se réduisent à une appréciation comme nos profs en laissaient sur nos copies. « Très bien ! » « Bravo ! » « Magnifiques courbes… »
Je ne serai pas surprise le jour où un de mes clichés m’attirera un commentaire type « AB pour le corps mais il reste des fautes. » Quand j’y pense ça me met profondément mal à l’aise, et je me demande toujours pourquoi et comment certaines personnes peuvent accorder autant d’importance à leur propre opinion qu’elles décident de vous l’imposer, placardée en vérité, sans même le détour d’un « je pense que » ou « a mon avis ». Mais passons.
Je m’intéresse à l’érotisme. Du corps,mais aussi du personnage, de la situation. Je compte explorer l’érotisme de ce qui est suggéré, parler de choses qui donnent envie alors qu’elles n’existent même pas. Dans cette exploration, mon corps est un outil au même titre que mon appareil. J’aimerai qu’on n’en fasse pas tout un plat. Je ne veux pas écrire la complainte de la fille jolie qui porte le lourd fardeau de sa perfection (la bonne blague ! ) mais signaler que peut être on rendrait le monde plus cool en valorisant ce qui le mérite, et en arrêtant de traiter les gens comme des objets qu’on peut noter. Nous ne sommes pas dans une exposition canine (enfin vous peut être, mais c’est peu probable), les gens n’ont pas besoin de savoir combien vous leur attribuez.
Vous avez lu cet article jusqu’au bout, je vous invite donc, si le cœur vous en dit, à mettre la main sur quelqu’un que vous appréciez et à célébrer une de ses qualités avec un mot gentil, ou toute autre façon qui vous semblera appropriée.
J’ai une opinion assez arrêtée sur la Friendzone. Pour moi, c’est un peu comme le père Noel : une chose qui n’existe pas mais qu’une frange de la population continue de traiter comme réelle pour des raisons que je qualifierai de brumeuse (Mais bien sur, les motivations ne sont pas du tout les mêmes).
J’ai envie de revenir sur le sujet parce que samedi soir, j’étais aux Geek faeries On ze Web pour traiter de sexualité et de plein d’autres choses passionnantes, et que plusieurs questions du public ont abordé le sujet. Une phrase notamment a retenu toute mon attention : « telle amie m’a avoué plus tard qu’elle m’avait tout de suite mis dans la friendzone ».
Ha oui tiens, on ne parle pas assez des filles qui font ça disent faire ça. C’est vachement intéressant pourtant.
Définissons la Friendzone
Sur la carte du tendre, la Friendzone est cet endroit où on placerai une personne pour laquelle on ressent en proportions variables de l’amitié, de l’estime, de la confiance, mais pas de désir sexuel. Romantiquement, la friendzone, je considère qu’on y trouve les gens à qui on est indifférent. Du coup, je la place à proximité du lac d’indifférence, des villages de probité, de sincérité… et d’oubli.
Il va sans dire que l’imaginaire collectif fait de cette région une espèce de terre désertique et silencieuse, solitaire, quoique si on se fie aux bruits qui courent, surpeuplée. Parce que les « victimes » sont nombreuses. Même Obama s’en mêle, c’est dire l’importance du phénomène.
Pardon, c’était beaucoup trop tentant.
Avant de parler du sujet qui m’intéresse, on va passer par un peu de sensibilisation globale.
Pourquoi c’est un paquet de bullshit fumantes, tout ça
La friendzone n’existe que dans une réalité déformée par le prisme que tiennent beaucoup trop de mâles cis, et qui fini malheureusement par obtenir une espèce d’autorité indiscutable de « tout le monde sait que ».
Quand on en entend parler, c’est qu’un jeune homme s’est fait éconduire malgré ses efforts de séduction souvent maladroits.
Alors déjà, permettez moi de vous dire de but en blanc que toute relation n’est pas par défaut une histoire d’amour qui demande à se concrétiser. En d’autre termes, le fait qu’une relation reste au stade de l’amitié (voire de l’indifférence) sans jamais se muer en intérêt romantique, est parfaitement normal. Je suis désolée, je sais que je brise un mythe tenace. Prenons en exemple vos collègues et amis, connaissances lointaines, ou même le livreur d’alloresto. Tout le monde. Vous les envisagez, de façon romantique? Alors pourquoi cette fille que vous trouvez désirable devrait-elle vous voir comme un prospect possible ?
Ce qui m’amène à une conclusion inévitable :
Célibataires frustrés, un peu d’attention : si une personne vous plait et que vous espérez pouvoir la séduire, la meilleure chose à faire c’est juste ça. La séduire. Je ne dis pas que c’est facile, mais conceptuellement c’est simple. Y’a pas d’arnaque, de secret, oubliez les pick up artists. N’y allez pas par quatre chemins, vous vous faites du mal ! Tenter d’entreprendre quelqu’un en devenant son ami(e) est une approche vaguement hypocrite, et qui va vous desservir dans une écrasante majorité des cas. Parce que quand vous faites tout pour devenir l’ami d’une personne, elle en conclura naturellement que vous voulez devenir… son ami(e) !
En fait, cette personne (qui que ce soit) ne vous a pas foutu unilatéralement dans la friendzone, vous êtes devenus amis. Vous ne vouliez pas devenir ami avec, et ressentez de l’amertume vis à vis de cet être humain qui vous apprécie mais n’envisage pas de finir au lit avec vous? Hum… il faudra qu’on parle relations humaines un jour.
Mais qui sont ces jeunes hommes qui s’offusquent de ne pas obtenir en retour de leurs attentions l’intérêt qu’ils espèrent, et pourquoi diable s’en offusquent-ils ?
Pour avoir beaucoup eu cette conversation, je pense pouvoir dresser un petit portrait robot. On se rend compte assez vite que la personne (qui se croit) bloqué dans la friendzone est généralement assez jeune, respectueuse des autres, et un peu timide. Elle a donc du mal à manifester son intérêt, et opte souvent pour des marques d’affection qui sont plus de l’ordre de la sympathie que du flirt.
Pas étonnant que séduire lui soit difficile, il n’emploi pas le langage de la séduction. Tu veux des témoignages ? Madmoizelle en a. J’ai aussi lancé un appel aux copains et recçu ceci :
Ma relation avec la célèbre Friendzone:
Il fut un temps où je croyais résolument en son existence, où je m’y retrouvais fréquemment et y végétait un bon moment. J’étais jeune, timide, gros et certains qu’il suffirait que celle qui dansait dans mes fantasmes réalise quel homme bien j’étais à toujours m’occuper d’elle.
Je ne comprenais pas pourquoi elles étaient attirées par les connards et pourquoi ma dévotion n’était pas récompensée à sa juste valeur!
Ce que je ne savais pas à ce moment c’était que j’étais loin d’être un type bien et que cette friendzone j’étais le seul à la construire et à m’y jeter… je ne comprenais pas que j’étais le réel connard et alors que ces autres garçons que je critiquais avaient montré de l’honnêteté dans leur approche.
Une chose est certaine, jamais au grand jamais une seule de ces amitiés intéressées ne s’est un jour changé par magie en grand amour. Aucune de ces filles à qui je mentais ne s’est éveillée un matin pour réaliser combien j’étais le mec qui leur fallait… ça ne s’est jamais bien terminé et j’ai chaque fois fini par vomir leur nom, les insultant et leur reprochant… bah… de m’avoir cru!
C’est le pire quand j’y pense, cette haine qui me prenait quand, des semaines, des mois durant, je me frustrais chaque jour tout en continuant de tisser ce bon gros mensonge sur ma superbe amitié. La belle devenait la salope qui baisait tout le monde sauf moi, la garce qui m’utilisais, la catin que j’humiliais la nuit dans mes fantasmes. Et moi de me dire que j’étais le type bien.
Quand je repense à ces années de Friendzone que j’usais comme décorum de vie, je repense à de la frustration et aussi à combien j’étais infecte. J’idéalisais et transformais en objet chaque femme en simples porteuses de boobs avec qui devenir ami en espérant pouvoir les prendre en main, en bouche. Je me conformais à ce que je voyais, lisais, à cette projection du héro qui a en récompense la femme… et quel meilleur héro que cet ami *prince charmant*?
Evidemment tout ça est fini, en ouvrant les yeux sur ma propre hypocrisie j’ai aussi découvert qu’il suffisait d’être honnête avec ses envies pour les voir parfois se réaliser.
Ne pas avoir peur d’être franc, de se prendre un râteau (douloureux quelques instants comparés à des semaines d’auto-tortures) et surtout découvrir qu’une fois la question du rapport sentimental expulsé (ou partagé), bah on peut vraiment créer une relation d’égal à égal avec une fille. Les choses sont juste… claires.
Cette friendzone j’ai envie de dire qu’on se moque de son côté fictif (car elle l’est, nous sommes les seuls à lui donner vie en nous plongeant dedans)… le pire c’est qu’elle déforme tout, déforme votre vision, votre attitude, vos sentiments, vos attentes… elle vous dévore et plus elle vous consume, plus vous la renforcez. Elle n’apporte rien de positif et sous prétexte de la peur d’un rejet ponctuel on vie dans celui permanent et dans un espoir vain.
(Merci pour ton message, pour ton honnêteté brutale, pour ta capacité à prendre du recul. Je t’envoie des bisous d’amour et je suis super contente qu’on se revoie vite ! )
J’aurai tendance à compatir au sort de toute personne qui s’estime « bloquée dans la Friendzone » si je n’étais pas persuadée que le concept a pour seule utilité d’éviter de se remettre en question. Oui, j’ose le dire. « Je me suis fait friendzoner », c’est vachement plus simple à dire que « je m’y suis pris comme un pied ».
Et là je me permet de glisser un peu de sagesse féministe (houh ! le mot en F ! fuyez !) : quand vous êtes gentil avec une fille, elle ne vous doit rien en retour. Surtout pas de devenir votre copine. Croire que si vous sauvez la fille, elle fera forcément montre de gratitude en vous offrant du sexe ne fait pas de vous un sauveur, ça fait de vous un connard qui oublie complètement la notion de libre arbitre.
Cessons-ça, par pitié. Je veux croire que nous sommes assez intelligents pour dépasser cette vision très unilatérale des relations pour comprendre que les autres humains ne sont pas que des objets destinés à satisfaire nos désirs.
Mais alors pourquoi on y croit encore ?
La faute à l’assemblage implacable manque de recul + pop culture
Je l’ai déjà mentionné dans la paragraphe précédent, lorsqu’on manque de recul sur soi et qu’on est relativement nouveau dans les jeux de séduction, il est assez difficile de faire un effort d’auto-analyse, et d’empathie vis à vis des autres. Il est alors facile d’attribuer l’échec de notre entreprise à son objet, plutôt qu’aux moyens employés. Franchement, c’est compréhensible.
La pop culture s’est emparé du concept, qui a un petit burlesque, et hollywood nous abreuve de références à la friendzone. De façon parfois très drôle. Elle n’en a pas pour autant plus d’existence que celle qu’on veut bien lui donner.
En fait ça, c’est limite de la science fiction, si on me demande. Mais c’est presque certainement de la connerie.
Je pense qu’aborder la suite de cet article est vachement plus facile après la lecture de cet article, mais si vous êtes déjà un peu sensibles au sujet, vous pouvez foncer.
A cause des filles
On parle des filles qui utilisent le terme maintenant ? parce que j’en ai fait partie pendant un moment, et je n’en suis pas fière. Mais je voudrais faire quelque chose de positif en vous parlant de mon expérience, et de pourquoi j’ai été très conne.
Il ne faut pas oublier qu’à l’adolescence, ces demoiselles aussi sont en construction. Si j’épingle les personnes qui ne savent pas séduire, on pourrait en dire autant de ceux qui ne savent pas traiter un(e) soupirant(e) avec respect.
Il y a quelque chose d’assez malsain dans cette relation qui s’installe, où la personne qui cherche à séduire se rends en quelque sorte corvéable à merci en signe d’élection. Trop souvent, au lieu de reconnaître la situation pour ce qu’elle est (une tentative maladroite de conquérir son cœur) et d’y mettre fin, la jeune fille a tendance à garder ce nouvel « ami » proche d’elle, trop heureuse d’être rassurée sur son pouvoir de séduction. Interrogée sur ce mâle qui la suis partout, elle invalidera les rumeurs avec l’évidence la plus puissante à sa disposition : Machin est dans la friendzone, elle ne le voit pas DU TOUT comme ça.
Elle pourrait faire preuve de discrétion, dire « on est amis » mais c’est sans compter sans la fierté puérile d’avoir des soupirants (de préférence soumis et prêts à tout). Dire « j’ai X mecs dans ma friendzone », c’est dire en sous-main « je suis tellement séduisante que tous ceux-ci sont à mes petits soins ».
Le stratagème est même super puissant puisqu’il reconnait les faits (quelqu’un fait en effet la cour à quelqu’un) et les présente sous un jour facile à comprendre pour tout le monde. Pré-mâchage intellectuel, régurgitation express.
N’oublions pas aussi que parfois, s’en remettre à un scénario préconçu est beaucoup plus simple que de donner ses vraies raisons. « je te vois comme un ami » passe beaucoup mieux que « je ne te trouve pas attirant ». Et je ne parle pas (seulement) d’attirance physique, mais de cette alchimie compliquées de choses qui font qu’on s’envisage avec un de ses pairs.
Donc pour moi à ce stade, il y a deux choses à dire.
La gentillesse ne vous garantis pas un(e) partenaire. En fait rien ne le peut. Le fait est qu’on espère tous et tous que notre partenaire aura bon cœur, mais qu’on sortira d’abord avec quelqu’un qui nous donne envie, quitte à découvrir en cours de route que ça ne marche pas. Ne montez pas un bobard à quelqu’un comme quoi vous voulez créer une belle amitié si ça n’est pas le cas, ne vous montrez pas en public avec d’autres personnes dont vous n’avez rien à foutre si ce n’est pas le cas. Respectez-vous, respectez les autres.
N’entretenez pas les espoirs d’une personne qui ne vous inspire rien parce que le miroir de ses yeux vous renvoie une image flatteuse. Apprenez plutôt à vous aimer vous-même, ça marche mieux. Soyez discret au sujet des personnes que vous éconduisez, respectez vous, respectez les autres.
Voilà. Mon opinion n’engage que moi mais je me suis employée à m’excuser auprès des personnes auprès de qui je n’ai pas été correcte quand j’étais plus jeune. Si vous êtes passés entre les mailles du filet, pardon.
Si je peux me permettre un dernier retour d’expérience : je ne me suis jamais retrouvée en couple avec un ami. J’ai été amie avec des types que je trouvais très séduisants parce que le timing ne s’y prêtais pas, mais mon attirance pour eux leur a toujours conféré un statut à part. Souvent, ils le savaient. A la limite, on a pu désexualiser notre relation plus tard, mais mon expérience à moi m’incline à penser que c’est vachement plus facile de désexualiser une relation que de la sexualiser.
Ouais, sérieux.
Alors pourquoi prendre un faux départ, hein ?
Donc, décembre, et tout ce que ça implique : fait froid, mon sapin de noël trône joyeusement sur la cheminée (le même machin vaguement conique en perles noires depuis 4 ans), j’ai arrêté la piscine parce que je tombe malade au premier coup de froid, au boulot on cravache pour boucler si possible les projets de 2013 avant que janvier se pointe, et niveau recherche du prince charmant j’ai décrété une trêve hivernale.
Fait pas un temps à mettre une nana dehors. Qui a envie par un temps pareil d’enfiler une jupe et de se taper le trajet jusqu’à un bar qui pourrais ou pourrais ne pas être sympa, rencontrer un mec qui pourrais ou pourrais ne pas être agréable ? Pas moi en tout cas. En ce moment en plus je vois un mec plus sympas que les autres. Déjà trois rendez-vous, et on se croise pour le 4ème juste entre Noël et le jour de l’an. Si ça deviens récurrent promis on lui trouvera un alias mignon, et je vous donnerai des nouvelles régulièrement.
Niveau projet je suis ravie de vous annoncer que les Geek Faeries On The Web feront leur seconde édition les 18 et 19 janvier. Je serai donc joyeusement sur scène dans la nuit du 18 au 19, pour mes Eroteek Faeries. Le thème cette fois-ci ça sera créatures de la nuit. J’ai commencé le recrutement, la couture des costumes, et je suis super impatiente de partager ça avec vous.
Coté sorties je passe pas mal de temps au ciné en ce moment, et j’ai même été voir le Hobbit avec toute ma famille. Autant le premier volet de la trilogie se limitais globalement à romancer et délayer ce qui est écrit dans le bouquin, autant sur ce deuxième volet on va dans l’invention totale. Mes proches, à force de m’entendre marmonner « putain j’hallucine » pendant la séance ont voulu connaitre le fin mot de l’histoire à la sortie, et je me suis retrouvée à m’énerver toute seule pour la seconde fois, sur le thème « c’est scandaleux de faire subir tout ça à l’histoire originale ».
Le pire c’est que c’est un très bon film que je reverrai avec plaisir. Mais comme le soulèvent intelligemment les copains, en fait c’est un fanfic, pas une adaptation….
D’autres se sont emparés du décalage et se moquent joyeusement sur youtube, pour le plus grand bonheur des mauvais esprits.
Sinon parlons un peu des fêtes. Cette année plusieurs membres de la famille seront absents, et je n’ai même pas de plan pour le réveillon. En même temps je répète régulièrement que la meilleure chose à faire pour débuter la nouvelle année, c’est pas se taper une gueule de bois mais se coucher tôt et affronter le lendemain fraîche et souriante, probablement avec des pancakes.
Les puristes vont gueuler alors je prends les devants : je SAIS que je ne porte pas de nippies. Non ça n’est pas volontaire, je les ai oubliées à la maison, et n’ai pas eu le temps de me bricoler un modèle de fortune avant mon passage.
Bon, ça arrive. Heureusement le public ne s’est pas offusqué, et je serai plus soigneuse la prochaine fois.
C’était vraiment, vraiment un bon moment. Je crois que ça se voit d’ailleurs. J’ai pris un grand plaisir à regarder les performances des autres artistes, il y en a plusieurs que j’espère fort recroiser bientôt parce qu’ils m’ont mis des étoiles pleins les yeux !! Notamment Guyom, CyrC délicieuse (vraiment délicieuse) et Oliv. Et dans le public, j’ai eu la chance d’être bien entourée de plein d’amis. On s’est beaucoup beaucoup amusés. Dommage qu’un de mes rencards du moment n’ai pas pu se joindre à nous, je pense que c’était l’occasion idéale de prendre contact avec le joyeux petit groupe dans lequel je gravite.
Bref, encore une fois c’est une première présentation, ce numéro est tout nouveau, je suis en train de me renouveler. Si je devais le recommencer je pense que je me fabriquerai des bisous à fixer sur le corps à la colle à faux cils, parce qu’à démaquiller cette version est super chiante, et que j’ai bouffé des tonnes de poudre libre juste pour éviter que le rouge ne bave sous mes vêtements.
Et je ne retirerai pas ma jupe si vite après mon chemisier !! D’ailleurs je retirerai la jupe en premier, je sais pas ce qui m’a pris de faire les choses dans ce sens là … faut aussi que j’investisse dans une chaise pliante bien loude et pas trop haute de dossier à trainer avec moi de scène en scène. Parce que je ne peux pas continuer à bosser avec ce que je trouve sur place. Mais bon… ce qu’il faut retenir c’est que je m’amuse comme une folle, et que je vais bientôt être à court de cartes de visites.
Récemment, j’ai donné mon temps à un projet complètement taré: le défilé pure imagination.
Réunissant plusieurs stylistes pour une énorme représentation au Conservatoire national d’Art Dramatique, le projet mobilisait quelque chose comme 8 stylistes, 40 mannequins, une poignée de coiffeurs et une autre de maquilleurs, et une classe entière d’habilleuses.Poursuivre la lecture de « Pure Imagination »
Je prends toujours beaucoup de plaisir à défaire ma valise quand j’arrive en shooting.
Parce que je sais que dedans il y a du bon, voire du très bon. La majorité de mes tenues sont en elle-même intéressantes, et je les considère avec respect. Il y a du vintage déniché en friperie, des tenues de créateur cherchées avec passion, d’authentiques bas nylons, des copies de lingerie vintage de qualité, des corsets réalisés sur mesure, du latex acheté chez des créateurs reconnus.
Et quand on me parle de la différence entre les autres modèles et moi je reste souvent con et tout ce que je trouve à répondre porte sur mes vêtements. Soyons honnêtes je ne suis pas forcément plus jolie que cette légion de minettes toutes fraiches qui débarquent chaque année, je ne suis pas forcément plus talentueuse.
Mais quand on me contacte pour un shoot pin-up je ne me DEGUISE pas en pin-up. Je ne me contente pas d’arborer une bouche rouge et des dim’up. Je m’habille en pinup. J’emprunte les attitudes du genre, j’ouvre les yeux un peu plus grands et je boucle mes cheveux. Je sort mes gainettes d’époque dans lesquelles il est difficile de rentrer et mes bas préservées avec un soin maniaque.
Et je me suis reconnue dans cet article d’une personne qui explique du mieux qu’elle peut la différence entre costume et déguisement.
Pour le parcourir c’est ici, et je vous invite à prolonger la visite, qui est hyper instructive 🙂
Je me sens obligée de partager avec vous cette excellente vidéo qu’un ami m’a envoyé aujourd’hui.
Plus fun que le clip à chaussures tout simple, elle explique comment réaliser facilement un clip à chaussures lumineux. J’aurai du mal à vous dire à quel point je trouve ça génial, pour un show ou une soirée dansante. je vous épargne le jeu de mot comme quoi c’est une idée lumineuse, pas vrais? ^^