Pin me up

(ma) vie de fille

Bonjour tous.

Aujourd’hui je suis retombée sur un article dit féministe sur l’image du corps, qui épinglais un peu connement selon moi le fait que Gil Elvgren « retouchait » ses modèles pour dessiner ses célèbres pin-up. Le pivot de l’article, en gros : si même lui à son époque faisait ça, pas étonnant qu’on se trouve toutes moches, les racines de l’image de la femme fausse qu’on nous impose étant encore plus profondes que prévues.

J’aimerai souligner un truc : une pin-up est supposée être un sex symbol. Ça ne me choque pas qu’elles soient trop belles pour être vraies, c’est même ce que j’attends d’elles. C’est pour ça que je les aime. Qu’on s’énerve sur les corps qui nous sont présentés dans la publicité, ces corps auxquels on est invités à s’identifier et qui nous confrontent à des standards absolument impossibles à atteindre, ok. Oui. Carrément. Mais piquer une crise parce qu’une fille dessinée pour faire rêver est trop canon pour que ce soit réaliste, pour moi c’est rien d’autre que de la mauvaise foi. 

La pin-up, c’est supposée être une version idéalisée de la femme. Better than cheesecake. C’est le PRINCIPE.

Pour moi c’est établis : utiliser toutes les ressources à disposition pour créer une image, c’est normal, c’est juste l’attitude d’une personne qui se donne les moyens d’atteindre ses objectifs. Tenue, make up, coiffure, éclairage, choix de la pose, et donc… retouche.

Vous je sais pas, moi je trouve que ça vaut le coup.

elvgren-pin-ups2[3]

Du coup, quand je me retrouve face à des photographes qui ont envie de shooter une pin-up, qui sont prêts à pinailler de longs moments sur la lumière, et osent me sortir que je n’ai pas besoin d’une make up artist ou de retouche numérique parce que « c’est la beauté du modèle que j’aime voir s’exprimer », ça me fait doucement rigoler.

Alors, choisissons notre camps. On se donne les moyens de nos ambitions trois secondes ? Vous pourrez m’objecter que mettre en valeur le naturel du modèle c’est super, que les portraits expressifs sont parfois saisissants, que l’humain est plus intéressant et touchant que le make up.

C’est vrais.

Mais… allez, depuis quand est-ce que je suis connue pour faire du portrait expressif, moi ?

4 réflexions sur “Pin me up

  1. Wah c’est trooop vrai ce que tu dis o/.

    Non mais plus sérieusement, l’on va dire que depuis quelques années on assiste vraiment à un procès anti Pin-up, en mode « mé c tr0 l maaaaaaaaaaaal »/ »sa dékrebilis l’imaj de la fâââââme » (et non j’exagère pas pour les fautes), tout ça parce que des gens (enfin clampins même haha) pensent que les pin-up (oui j’mets pas de pluriels :c ) c’est des objectifs de vie pour la femme lambda itoo itoo.. Et ça c’est vraiment chiant, car ouais j’pense que tout est ramené en mode c’est « une image formaté que les gens renvoient de la femme » et ils ne le voient pas comme étant une oeuvre d’art. Et c’est bien dommage. 🙁

    1. je crois qu’à force de combattre (à raison) la pression qu’on subit vis à vis de notre corps, certaines personnes finissent par dégainer leurs discours bien pensants sans même prendre le temps de vérifier si c’est bien l’occasion.

  2. Les pin-ups ne sont pas que des dessins, à l’origine ce terme désigne toutes les affiches représentant des femmes (dessin, peinture, photographie…) que les hommes aimaient à collectionner et/ou exhiber. Cette objectification intrinsèque de la femme dans la pin-up, idéalisée pour le plaisir de l’homme, est effectivement difficilement associable à l’égalité homme-femme, a fortiori si pour susciter le désir de l’homme la femme se doit d’être irréelle… Il y a là-dedans une dévalorisation de la femme réelle qui est assez évidente. Ce que j’y trouve gênant moi c’est que la grande majorité des pin-ups soient effectivement « retouchées » ou « irréelles » alors qu’elles ont été prises comme modèle. Ca n’est pas très différent du rôle qu’ont maintenant les mannequins des magasines. C’est en regardant ça que les jeunes filles décident à quoi elles veulent ressembler, et quand ce n’est pas possible… c’est un mauvais départ.
    Pour autant, il est aussi vrai que les pin-ups ont eu des bons côtés, en participant à la libération des corps, voire à la révolution sexuelle qui a suivi, peut-être. On peut souligner également que selon les artistes, certaines pin-ups mettaient en avant des personnalités et corps différents, montrant ainsi un peu de la diversité réelle des femmes, assez paradoxalement (par exemple les mignonnes pin-ups rondes de Duane Bryers)

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