Sweet september

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Donc c’est l’automne.

J’ai perdu mon parapluie de l’année dernière, comme souvent, et je le remplace donc par une version violet très vif. J’ai ressortis les escarpins fermés, les bas nylon, les fards ocres. J’adore le look d’automne, on dirait à chaque fois une carte postale en noir et blanc que les touristes ramènent chez eux pour la mettre sur leur frigo. Je me sens doucement privilégiée de vivre dans ce qui pour eux est un décor de rêve ou de cinéma, portant les toilettes de personnages mille fois fantasmés. Si je pouvais, je crois que je me limiterai à la seule petite robe noire et trench évasé qui font le look parisienne comme les cigales font le Sud.

Mais je suis faible, et je craque régulièrement pour des couleurs.

Assez parlé de mode.

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Hier j’ai été boire un verre au dernier bar avant la fin du monde avec Jessica Whisper, qui a ce don de me manquer  très fort quand elle est pas là, mais de savoir rétablir immédiatement la connivence des périodes où on se voyait quotidiennement (forcément, on travaillait juste à côté). C’était bon, ça m’a remis la tête droite de pouvoir me confier sur ce qui me tracasse.

Donc, on a parlé de mecs, de la rentrée, de nos projets, du bal des supplices qui approche (yeeeehaw !!), de lubrifiant (oui oui oui), et un peu aussi de ce truc que je trouve plus qu’étrange, dans mes dernières relations avec des filles.

C’est sérieux, c’est la quatrième nana en un an que je rencontre qui est intelligente, jolie, indépendante, qui baigne dans un univers très sexué (ou s’en vante) et qui finalement a l’air d’avoir du mal avec son corps, son plaisir, ou simplement son estime d’elle même. Et par une petite facétie de l’univers, ces filles ont à un moment donné pensé que j’étais la bonne personne pour se confier. J’aurai aimé être la bonne personne. J’ai tout fait pour répondre ce qu’aurai répondu la bonne personne apporter mon soutient, faire preuve de compréhension… mais putain les filles, un effort !! Quand elles me confient qu’elles ne s’estiment pas assez bien pour leur mec, que finalement le sexe, elles n’aiment pas tant que ça mais se forcent un peu, parce que « l’appétit vient en mangeant », ou que n’importe quoi dans leur vie ne leur convient pas, mais qu’elles laissent filer parce qu’elles ont peur de ce qui arriverait si elles se rebiffent, ça me donne envie de bouffer mon clavier.

Je l’ai fait, le saut à l’élastique. ca a été un peu galère la période où jétais célibataire ET chômeuse. J’ai fait serveuse, modèle nu, babysitter, webmaster, célibataire à chat encombrant, j’ai pleuré beaucoup, y’a des moments j’ai perdu la rage. En novembre, j’avais carrément arrêté de me maquiller parce que quand tu chiale tous les jours, à un moment t’en a marre des traces de mascara sur tes joues. Mais je pense qu’on peut dire que j’ai pas arrêté de me respecter, ni perdu de vue mon objectif.

Je regarde ces filles. Je me reconnais un peu en elles, je les comprends, j’ai faillis être elles à pas mal d’égards, et du coup j’ai une espèce de réaction de rejet qui me prends aux tripes quand elles me confient leurs problèmes. Parce qu’on se ressemble. Parce que j’ai peur de devenir un jour la fille à qui la situation ne convient pas mais qui laisse filer.

Je sais que c’est un jugement de valeur larvé qui me fait réagir aussi violemment, et que incidemment je considère mes problèmes de fille qui rame plus respectables que ceux d’une fille qui souffre.

Je me sens con. Elles ne méritent pas mon mépris mais elles sont ce que je ne veux pas pour moi.

On va fermer la parenthèse sur ce malaise.

Sur la couverture d’un magazine féminin, on nous présente le nouveau must : le glunge. Un subtil parallèle entre les styles glamour et grunge. Je n’en peux plus de ces néologismes à la con qui nous font croire à l’émergence d’un truc nouveau. Je compte continuer à porter des talons de 9 quotidiennement, mettre des fleurs dans mes cheveux et coudre mes jupes de pin-up qui tournent dans toutes les couleurs du spectre. Ça me donne l’impression d’être furieusement créative, en même temps que le sentiment rassurant de m’être trouvé.

Bon je vous fait d’énormes bisous, et dès que je reçoit les photos je vous fait un article sur le bal des supplices, qui était carrément magnifique cette année (en même temps avec un thème rétro, il ne pouvait pas en être autrement).

N’oubliez pas que je vous aime !

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2 thoughts on “Sweet september”

  1. Laura dit :

    Le coeur de ce texte, c’est exactement ce que j’aime chez toi. Ce truc de la femme forte qui préfère en chier mais pour une cause qu’elle a choisie. la galère, c’est toujours plus surmontable quand on n’est pas passif.
    Tu as été courageuse à des moments difficiles, ça nous arrive à tous mais justement, ça fait du bien de voir en face de soi des personnes qui ne se laissent pas aller malgré la tentation de tout lâcher parfois. Donc merci d’être cette personne 🙂

  2. Nicolas dit :

    Texte lumineusement âpre, d’une imparable lucidité.
    Phrases rédigées depuis des cimes où les chemins sont rudes, mais d’où l’on peut contempler le monde avec toute la sagacité nécessaire.
    Mots dépourvus de toute complaisance, qui résonnent comme les jalons d’un itinéraire étranger à la facilité, ayant su négocier avec le découragement et le chagrin jusqu’à ce qu’ils s’éteignent.
    (Ce qui n’assassine pas les doutes, ni l’angoisse, ni la mémoire.)
    L’acuité, la profondeur d’un regard.
    Un sourire dessiné pour l’été mais qui garde toujours, à son envers, l’automne de mélancolies anciennes.
    La géographie de fêlures identifiées, explorées et comprises à une vitesse qui essoufflerait plus d’une âme.
    Et la vie, si puissamment, si singulièrement aimée.
    Comment oublier ces lignes-là ?
    C’est simple : on ne peut pas.

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