Arrête de me dire que je suis jolie (connard)

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Bon, ce titre est volontairement putassier, si avec ça je ne fais pas une audience de malade, je comprends pas. A la limite il faudrait que je trouve un moyen de rajouter « chaton » dans l’intitulé, ou créer un listing et prétendre que le cinquième point va vous épater.

BREF, pardon pour le piège à clic. Évidemment j’adore recevoir de gentils compliments, et savoir que je plais. Le plus souvent. Nan mais bien sûr. J’aimerai cependant faire un petit focus sur ces réactions qui au lieu d’améliorer ta journée te renvoient à ta condition de sous-genre au pouvoir limité. Avant de le faire, je vais répéter encore un coup que vous pouvez dire pleins de trucs sympas à une fille sans vous faire défoncer la gueule pour autant, et que je ne compte pas initier une croisade anti-homme. A aucun moment. J’aime beaucoup des hommes, ce sont des humains comme les autres à mes yeux 😀

 

Pourquoi les compliments qu’on fait ne sont pas anodins

Je pense que ce qu’on valorise chez une personne, notamment dans son jeune âge, conditionne la personne qu’elle va vouloir devenir, et je ne souhaite pas encourager qui que ce soit à se contenter de son apparence pour avancer dans la vie.

Quel est le premier compliment qu’on fait pourtant à un enfant qu’on croise ? Si c’est un petit garçon, il y a de grandes chances que ce soit « comme tu es grand !  » (ou une variante telle que fort, ou  rapide à la course), et si c’est une petite fille « que tu es jolie ! » (ou une variante). Machinalement, on ne se pose même pas la question, et je doute qu’il y ai une intention derrière, à part tirer un sourire à cet petit être humain en face de nous, souvent la progéniture d’un ami, d’un collègue,  ou votre propre neveu ou nièce. Vous je ne sais pas, mais moi ça fait un moment que je me suis mise à me surveiller et à arrêter de dire aux petites filles que je croise à quel point elles sont jolies. Je préfère Courageuse, intelligente, gentille ou drôle. A la limite je les complimente sur leur sens du style, en visant si possible un de leurs accessoires qui ne soit pas rose. Parce que je lutte sournoisement contre les uniformes roses et bleus.

Y’a une vidéo qui est rigolote et qui en parle pas mal.

Voilà voilà. pardon pour les nombreux gros mots. Le seul truc dommage c’est que cette vidéo serve à vendre des t-shirts en fait, mais son contenu éducatif n’en est pas moins super cool. Enfin super déprimant, mais expliqué de façon très cool.

 

Mais les modèles non plus, faut pas leur dire qu’elles sont belles ?

« Bon d’accord Marie-Anne, on peut admettre que c’est un peu patriarcal de mettre le focus sur le physique des femmes au lieu de leurs compétences, mais tu fais des photos érotiques quand même. T’as pas l’impression d’abuser un peu en demandant aux gens de ne pas mater tes boobs ? »

Trop pas mes amours, vous avez la permission de regarder tant que vous voulez, c’est en effet en plein dans le sujet. Merci de le signaler. Liquidons cependant un truc : je ne pense pas que ma compétence se situe dans mon corps. Comme en témoigne si bien le travail de Gracie Hagen « Illusions of the body » , le même corps, selon la façon dont il est représenté, peut occuper toute une fourchette d’emplacements sur le spectre du beau/laid.  Et ici j’oppose beau ou laid avec une certaine réserve, mais dans ce cas précis où je parle de donner son opinion sur le corps des autres, je pense que ce spectre « beau/pas beau » et le nuage de jugements et de quantifications qu’il amène est aussi pertinent qu’il est désagréable.

Quand même, regardez comme c’est troublant :

Illusions-of-the-body-feel-desain-Gracie-Hagen15

Donc là, si vous êtes comme moi, vous trouvez peut-être que finalement, c’est pas tant le corps qu’on a que ce qu’on en fait qui joue.

En conséquence, en tout cas en ce qui me concerne, je pense que commenter le travail d’un modèle en lui parlant de l’opinion que vous avez de ses seins, sa silhouette, son visage ou ses cheveux est une mauvaise réponse. Si le modèle en question est un poil expérimentée, elle a appris a croiser les jambes, à étirer son cou, à exprimer des choses avec ses yeux, ses mains, sa bouche. A prendre un air renfermé sans se recroqueviller. A ouvrir grand les yeux sans avoir l’air d’un lapin devant les phares d’une voiture. La nana doit apprendre à avoir l’air naturelle même assise en équilibre sur une surface franchement inconfortable ou immergée dans un lac jusqu’au cou. Vous croyez que la photo de boudoir fait exception ? Je me suis fait des courbatures de folies parce qu’avoir l’air détendue sur un lit de coussins sans pour autant s’affaler dessus avec un air de cachalot échoué demande de contracter à peu près tout ce qu’on peut contracter, sauf le visage, donc. Vous pouvez essayer chez vous, c’est drôle.

En plus, souvent je suis la fille qui a pris la photo. Là on triple les opportunités de me gonfler, puisque choisir de me dire « superbes courbes » au lieu de « je kiffe ta compo », c’est ignorer aussi le travail de mise en scène, de prise de vue et de retouche. Merci, dude.

 

Est-ce seulement approprié ?

Je ne tiens pas à verser dans la théorie du complot, mais des fois j’ai même l’impression que mettre l’accent sur le physique d’une femme au lieu du reste relève d’un mécanisme volontairement condescendant. Une façon insidieuse de te faire savoir que quel que soit la somme d’efforts que tu investis, tu seras jugée à la fin sur ton IMC, la symétrie de tes traits et la taille de ton bonnet. Vous les avez vus passer, lorsque Claire Chasal a quitté le 20h, les nombreux dossiers destinés à ses looks les plus mémorables ? Non parce qu’elle a eu une longue carrière mais n’oublions pas qu’elle est avant tout décorative, hein.

Du coup, méfiante que je suis, je reçoit plus volontiers les compliments portant sur mon corps de la part de gens avec qui j’ai déjà établis des liens, même infimes. J’ai alors le sentiment qu’ils ne sont désarmés, une simple façon de souligner une chose qui a attiré leur attention, avant de reprendre le cours de notre relation, qui doit forcément se baser sur autre chose que la somme de mes traits.

Un peu comme ça, oui

Un peu comme ça, oui

En plus, j’ai toujours eu du mal avec les avis non sollicitées. Quand est-ce qu’on est en position d’en donner ? Quel qualification vous donne l’expertise nécessaire pour aller placarder votre opinion sur le corps des gens comme ça ? Je pense notamment à mes amies cosplayeurs et cosplayeuses, qui en entendent de toute sortes en convention. Et puis je vois quelque chose de condescendant dans les commentaires lâchés au hasard de la toile, que vient encore accentuer leur forme dénuée de sujet ou de verbe. Souvent ils se réduisent à une appréciation comme nos profs en laissaient sur nos copies. « Très bien !  » « Bravo ! » « Magnifiques courbes… »
Je ne serai pas surprise le jour où un de mes clichés m’attirera un commentaire type « AB pour le corps mais il reste des fautes. » Quand j’y pense ça me met profondément mal à l’aise, et je me demande toujours pourquoi et comment certaines personnes peuvent accorder autant d’importance à leur propre opinion qu’elles décident de vous l’imposer, placardée en vérité, sans même le détour d’un « je pense que » ou « a mon avis ». Mais passons.

 

Je m’intéresse à l’érotisme. Du corps,mais aussi du personnage, de la situation. Je compte explorer l’érotisme de ce qui est suggéré, parler de choses qui donnent envie alors qu’elles n’existent même pas. Dans cette exploration, mon corps est un outil au même titre que mon appareil. J’aimerai qu’on n’en fasse pas tout un plat. Je ne veux pas écrire la complainte de la fille jolie qui porte le lourd fardeau de sa perfection (la bonne blague ! ) mais signaler que peut être on rendrait le monde plus cool en valorisant ce qui le mérite, et en arrêtant de traiter les gens comme des objets qu’on peut noter. Nous ne sommes pas dans une exposition canine (enfin vous peut être, mais c’est peu probable), les gens n’ont pas besoin de savoir combien vous leur attribuez.

Vous avez lu cet article jusqu’au bout, je vous invite donc, si le cœur vous en dit, à mettre la main sur quelqu’un que vous appréciez et à célébrer une de ses qualités avec un mot gentil, ou toute autre façon qui vous semblera appropriée.

A très vite

MademoiselleCherie est (enfin) sur Tipeee

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… et je ne peux pas résister à cette photo prise par Nadir Merkal pour illustrer cet article, pardon.

Donc, ça fait environ deux ans que je me suis mise à réaliser des autoportraits, et j’adore ça. Il y a plein de retombées super positives dont je pourrais vous parler pendant des heures, que ce soit la joie de réaliser les images que j’ai dans la tête, la fierté de progresser techniquement, le sentiment grisant de l’indépendance ou plus prosaïquement votre réaction à vous, qui êtes là pour commenter, interroger, encourager mes progrès, et des fois même mettre la main à la pâte avec moi.
Ça peut sembler très virtuel à certains mais le fait demeure : je peux faire un post pour demander un trépied, un objectif, un conseil et avoir immédiatement pleins de réponses. Reconnaissez que ça aide.

En 2014, j’ai été limitée dans la poursuite du projet par des ennuis personnels d’ordre financier, et vous avez répondu à mon appel en levant de quoi me remettre à flot. Bonne nouvelle : en 2016 on ne devrait pas en arriver à de telles extrémités. Bien au contraire, dès cet été, je prévois une belle amélioration de ma situation. Je vais donc pouvoir continuer à financer le projet grâce à mes fonds persos. Cependant j’aimerai le voir prendre de l’ampleur, et c’est là que vous intervenez.

J’ai ouvert un espace sur Tipeee pour vous permettre de financer les prochaines séries d’autoportraits. Vous pouvez choisir de contribuer d’un montant de votre choix pour chaque autoportrait publié, ainsi qu’un montant mensuel à ne pas dépasser. Si je peux me permettre une suggestion : 2 ou 5€ par série, ça me semble cool. Ça fait très peu dit comme ça mais ça fera une nette différence à la fin.  Concrètement, on parle location de lieux, rachat de costumes et de consommables (des fleurs, de la teinture, des bougies…), création de décor et achat de matériel. Toutes ces choses que toute seule je ne peux pas trop me permettre, mais avec vous pourquoi pas ?

//www.tipeee.com/embed/project/111843

Donc voilà, ça serait bien. Le plus gros bonus en fait dans tout ça, ça serait de me libérer du système un peu pervers des sites qui rémunèrent mon contenu à la performance. Je n’ai pas envie de me retrouver à shooter des sujets putassiers pour faire des vues, ni de promettre des photos sexy à mes « fans » pour obtenir des votes. Je voudrais continuer à explorer ma propre vue sur ce qui est sexy, sans pression. Avec votre aide si possible.
Tiens, voilà une bonne nouvelle dont j’ai oublié de vous parler : j’en ai marre d’être prise en otage par une logique qui privilégie les plateformes payantes. Pour parler plus clairement : ça me frustre de ne pouvoir partager avec vous qu’une petite sélection d’une série de photos dont je suis fière, parce que la version complète est publiée sur un site payant, que je devrais en tout logique vous inciter à rejoindre. Je n’ai rien d’autre que de la gratitude pour Zivity qui m’a permis de créer un revenu en faisant ce que j’aime, mais si je m’écoute, ça ne doit pas se faire un détriment de mon audience historique (ça c’est vous). Donc je vais plutot poster les séries complètes ici. Et continuer à poster sur Zivity, très principalement pour une audience anglo-saxonne qui n’aurait jamais entendu parler de moi sinon.

Voilà, c’était le post pour demander de l’aide. J’ai du me faire violence pour l’écrire parce que je considère que dans la vie on devrait s’en sortir par ses propres moyens et ne pas déranger les gens avec ce genre de conneries. Je ne sais pas quelle littérature pourrie m’a donné cette idée quand j’étais plus jeune mais elle s’accroche.
Finissons sur une note joyeuse avec un preview de ce que je vais vous publier ce week-end.

canope - lingerie 27

Mon premier fat admirer, et pourquoi je fais la gueule

(ma) vie de fille, Blog

Si vous ne connaissez pas déjà la pinup plus size Hilda, il est temps de prendre des cours de rattrapage.

J’ai pris un peu de recul avant d’écrire ce post, néanmoins je voulais vous parler du premier fat admirer déclaré à avoir atteint ma boite mail.
Un fat admirer (littéralement admirateur de gras) est un homme avec un préférence marquée pour les femmes rondes, voire très rondes. Et je dis ronde mais le terme semble moins cru en français que chez nos amis d’outre atlantique où fat = gras.
Voilà, pas de douce litote si française dans la tournure. On va droit au but avec cette expression-là.

C’est une communauté dont l’existence m’est connue depuis un moment, certains membres évoluent en effet de façon assez logique à la lisière des courants de body acceptance. Il y avait cependant dès le départ quelque chose qui me gênais dans le concept, mais j’ai tout de suite mis cette gêne sur le compte de ma propre étroitesse d’esprit. Or j’essaye de respecter les préférences et  les fetish de tout le monde.

Et puis récemment un homme est venu très courtoisement me demander si mes images ne sont disponibles que sur mon site ou s’il est possible de se procurer des tirages. Pas de chance pour lui, il a été maladroit quasiment d’entrée de jeu.
Extrait : « Parce que je consulte souvent ta page et je commence à devenir carrément t fan de ce que tu fait, déjà parce que je suis un homme et que je ne peut résister à un charme tel que le tiens, que de deux il s’avère que je suis ce qu’on appel un F.A (je ne sais pas si tu connais ça ou pas) XD »

Comme d’habitude, j’ai essayé d’être pédagogue. Pour le bénéfice de ceux qui baillent dans le fond, ou qui viennent de nous rejoindre, voici ma réponse : La logique du « je suis un homme et que je ne peut résister à […] » est basée sur un prérequis que je ne valide pas, c’est qu’un homme ne peut pas se maitriser quand on en vient à ses instincts sexuels. Ce qui est à la foix faux, dégradant pour les hommes, et pas rassurant pour les femmes puisque l’effet pernicieux de telles affirmations, c’est d’entretenir un mythe qui dit que si un homme est lourd avec une nana, c’est sa faute à elle parce que lui peut pas s’empêcher. Ensuite, je ne kiffe pas des masses être ramenée à un critère physique, même si c’est un qui te plait.

Je crois qu’il est passé à côté de mon propos mais il s’est néanmoins excusé d’avoir été lourd, ce qui est déjà pas mal, et je lui en sais gré. Nous en sommes resté là.

Et puis non en fait. Loin de moi l’idée de me définir comme mince hein, ne déconnons pas. Cependant j’ai la faiblesse de croire que mon corps n’a rien de remarquable, à part peut être une poitrine plus forte que la moyenne. J’ai arrêté d’en vouloir à mon corps quand j’ai découvert que le 40 est la taille la plus vendue en France avec 20% du volume des ventes. Il se trouve que c’est ce que je prends pour mes jeans. Je me vois comme plutôt petite, ni grosse ni maigre, avec un visage assez quelconque quoique bien dessiné, de très beaux cheveux et de jolies jambes. Voilà. Il y a probablement des détails inutiles dans cette liste mais c’est important pour moi de la faire.

Alors, qu’est-ce que cet homme a vu chez moi ? Qui sont ces Fat admirer ? Qu’est-ce qui les attire ? J’ai été poser la question à internet.

 

Mais au fait, qui sont ces gens ?

J’ai lu plein de trucs mais il n’a pas fallu très longtemps pour que mon oeil soit attiré par des images. En voici une qui à l’avantage d’être mignonne, et de pas mal synthétiser ce que j’ai pu voir :

fat admirer

Parce que ce que j’ai vu principalement, c’est plutôt des mecs très fins, posant avec fierté près de leur large copine. J’ai parcouru des phrases comme « I can handle a big girl » (je suis de taille face à une grande fille), vu des images de mec aux anges qui disparaissaient littéralement sous leur copine, lis quelques contenus sur la pratique du « gavage », les confessions d’un fat admirer, plusieurs articles sur des sites comme ma-grande-taille… et je me suis arrêtée.

Au final, plus je me documente sur le sujet, plus j’ai l’impression que ce qui est apprécié chez les filles plus size, c’est qu’il y en a plus. Plus de seins, de fesses, de cuisses, de tendre et de moelleux. Apparament chez certains, cette recherche de « plus » ne semble pas aller sans un besoin de compenser autre chose de sous-jacent, cependant je m’abstiendrais d’en faire une généralité. Ce type de surenchère semble d’ailleurs n’être de mise que parmi une population assez réduite au sein du groupe déjà marginalisé de ceux qui préfèrent le moelleux.

Et les filles me direz-vous ? ca m’a fait plaisir de tomber sur deux posts plein de bon sens sur le forum de vive les rondes, en réponse à la question « que pensez-vous des fat admirer ? »

fat admirer vive les rondes

Les filles, je vous fait un gros bisou d’amour à toutes les deux. Vous m’avez aidé à mettre le doigt sur un truc : les fat admirer dont j’ai pu parcourir les témoignages et interviews semblent incapable de se projeter dans une relation avec une fille mince. J’ai vu l’un d’entre eux déclarer à la caméra que sa femme et lui ont divorcé quand elle a perdu 60 pounds, c’est à dire environ 30kg. C’était pourtant sa femme non ? Qu’il aimait assez pour passer le reste de ses jours avec ? … ou était-ce seulement pour et avec son gras qu’il a descendu l’allée ?

 

Et moi dans tout ça ?

Déjà, et ça me peine de l’admettre, je me suis sentie insultée. Dans mon système de valeur conscient il est évident pour moi qu’on accorde trop d’importance au poids des personnes et qu’on devrait s’abstenir de les juger dessus. D’autant que l’argument santé classique, qui joue sur une variante de « même pour lui/elle, ce doit être malsain, c’est pas possible qu’il aille bien en étant aussi gros » est erroné.
Je me rappelle avoir été très marqué par le billet d’une femme ronde qui avait été largement harcelée par son audience au sujet de son poids, et qui avait contré l’argument santé en postant carrément un bilan sanguin (impeccable). On lui a répondu que ce ne pouvais pas être elle. Elle a risposté de nouveau en postant une photo d’elle en train de danser, on l’a accusé de retouche. Elle a alors partagé une vidéo d’elle en train de danser en compétition (car oui, c’est une danseuse qui se produit en compétition), et là ses interlocuteurs se sont contentés de l’insulter copieusement.

Son propos, qui m’a beaucoup impressionné, c’est qu’elle va bien. Elle mène une vie épanouissante, elle ne se prive d’aucune activité en raison de son poids, et sa santé est impeccable. Et je la crois sur parole. Pour moi, tant que vous n’êtres pas le docteur de quelqu’un, vous devriez vous abstenir de faire une réflexion sur son poids.

Pourtant j’ai toujours vu ma mère se surveiller. J’ai lu les pages du supplément régime de l’été que tous les magazines féminins nous sortent tous les étés. Je suis persuadée au plus profonds de mon inconscient qu’un kilo de plus est un kilo de trop, et que je serai plus belle si j’étais plus mince. Ma famille valorise la minceur, et ne pas correspondre à leurs valeurs me fait encore du mal aujourd’hui.

Et maintenant je fais la gueule, comme à chaque fois que j’en viens à contempler le sujet.

Parce que je ne sais pas m’aimer comme je suis, parce que l’admiration maladroite de ce « fan » un peu lourdaud m’a renvoyé à ma plus grosse insécurité, parce que j’ai l’impression qu’il y a une volonté de contrôle des fat admirer sur leurs compagnes, et que les gens qui veulent exercer un contrôle sur le corps de leur compagne me font froid dans le dos. Quand ils les encouragent à prendre toujours plus de poids, j’ai l’impression qu’ils essayent d’en faire en quelque sorte leur création, de les forger selon leur désir au point de se les approprier.

Je fais la gueule parce que chez Zara la plus grande taille ne prévois pas assez de place ni pour ma poitrine, ni pour mes bras.

Quand mon mec me dis qu’il préfère les filles rondes, je lui réponds généralement qu’il est gentil mais que je ne vois pas ce qu’il me trouve pour autant.

Je me vois prise entre deux feux avec d’un côté l’exhortation à la minceur de toute une société, avec ma maman en porte-étendard, et de l’autre un groupuscule qui semble voir le corps de la femme comme un objet modulable et contrôlable, qu’on peut forger selon ses désirs. Est-ce si libérateur d’affirmer que la graisse, c’est bien aussi, si finalement on rejette l’idée de se laisser séduire par une fille mince ?

J’en ai marre, à en pleurer, de cette inversion des standars qu’on prends par erreur pour du progressisme.  Taper sur les minces ne libère pas les grosses, ça fait juste mal aux minces. J’en ai ras le bol de lire que « les vraies femmes ont des formes », et quand Meghan Trainor chante « all about that bass » dans un clip où on se moque de la seule fille maigre, enroulée dans une parodie de robe en film alimentaire avec un air triste, je me dis qu’on a du chemin à faire, moi la première.

Heureusement je sais qu’il y a là dehors des gens qui sont vachement plus avancés que moi sur le sujet, et j’espère pouvoir continuer à profiter de leur exemple. J’ai déjà commencé à faire des efforts en arrêtant de rentrer frénétiquement le ventre pour mes images, c’est quelque chose.

PS : maman, si tu passe par là. Je sais que tu me trouve jolie quand même, que tu as tendance à t’appliquer à toi des exigences plus sévères que tu n’en applique aux autres, et que de toute façon tu m’aime comme je suis. J’aimerai que tu t’aime aussi tout pareil parce que tu es grave belle, et parce que tu le mérite, et parce que tu n’as pas de raison de ne pas le faire.

Tourner une page

(ma) vie de fille, Blog

Ce soir je vide pour de bon mon appartement de célibataire. Mon petit nid du 16ème arrondissement aux fenêtres prises d’assaut par une glycine qui fleurissait mes printemps.

Après trois ans, de nombreuses galères, de belles soirées, des feux de cheminée, des soirées cupcake, du cidre a paillettes, des éclats de rires, la création d’un studio photo « popup », plein d’autoportraits, beaucoup de temps passé dans la baignoire, et j’en oublie probablement.
C’est à la foi l’endroit où je me suis reconstruit et l’endroit où j’ai essuyé mes plus grosses tempêtes. Celui où certains d’entre vous ont blindé ma boite aux lettres de cadeaux adorables chaque 19 mars.

Je me suis installée ici juste après mon diplôme, mon premier CDI en poche. Super optimiste. J’y ai ensuite connu le chômage, la galère, les petits boulots, l’angoisse du mois suivant, mon premier avis d’imposition avec autre chose qu’un zéro dessus (oups). j’y ai cousu mon premier corset. J’ai soigné la déco avec le soin maniaque de la personne qui a besoin de se constituer un nid. Aujourd’hui j’ai retrouvé un boulot stable, j’ai rencontré quelqu’un, et je lâche mon perchoir adoré.

Je l’ai déjà dis dans un autre post mais je le refais : cet endroit m’a sauvé. C’était mon rocher, et je m’y suis accrochée avec toute les forces disponibles. Il me donnait un sentiment de stabilité dont j’avais bien besoin. Il me donnait un espace où me ressourcer.

Je le quitte pour m’installer avec mon amoureux, alors ça va. Le nouvel endroit que nous avons trouvé est adorable, on étudie déjà des options pour reconstituer le coin couture et le coin photo. La salle de bain est tellement grande que je vais (enfin) pouvoir m’offrir le luxe de shooter dans ma baignoire.

Ne nous mentons pas je ne suis pas triste, je me prends juste un sacré coup de nostalgie dans ma gueule.

Du coup, faisons un petit retour en arrière sur 3 ans de souvenirs.

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Et un souvenir de shooting.

A studio in Paris, backstage in slow motion from mademoiselle cherie on Vimeo.

Bref. je ne vous cache pas que je vais probablement essuyer une larme ce soir, parce que je suis vachement sentimentale, mais j’ai aussi hâte de découvrir la suite, et je ne manquerai pas de la partager avec vous !

A très vite, et n’oubliez pas que je vous aime.

Girls wanna have fun (avec toi si possible)

Blog, soirées et expos

Aujourd’hui, j’ai eu le plaisir d’enfermer de recevoir Valtesse de Larose, la moitié gauche d’Event division dans mon salon pour discuter du prochain événement que son acolyte et elle organisent. (je dis gauche mais je suis pas bien sûre, remarque). Girls wanna have fun c’est un dimanche après midi 100% filles pour renouer avec le bon esprit de tes après-midi entre copines du collège, mais avec la puissance des femmes adultes qu’on est devenues.

Ça m’intriguait, j’avais plein de questions, j’ai donc agité une tablette de chocolat pour la faire venir et lui tirer les vers du nez.

Explications.

 

Valtesse ma Valtesse, on vous voit plus souvent dans des esthétiques steampunk et des univers alternatifs, qu’est-ce qui vous à pris à Charline et toi d’organiser un truc pour filles comme ça ? 

La vérité c’est qu’on est crevées, qu’on a besoin de se ressourcer, qu’on avait envie de baigner dans de bonnes énergies et spontanément, on a pensé à ces après midi entre filles où on passe de bons moments sans se sentir jugées, où on peut être nous, juste nous, aussi apprêtées ou loose qu’on en a envie. Et là on s’est dit : on a quitté le collège, on n’a plus l’age d’essayer en douce toutes les couleurs de vernis de maman mais si on a quand même envie de s’asseoir en tailleur sur le tapis et de faire du networking, qu’est-ce qui nous en empêche ?

 

Ok, dis comme ça ça a du sens. On va y faire quoi, si on pique pas ses vernis à ongles à maman ?

On a plein de choses de prévues. Toutes les éditions auront un thème, on a décidé de commencer sur les pinups pour fédérer et parce qu’on avait d’ores et déjà sous la main plein d’intervenantes géniales comme Miss Anne Thropy qui collent super à ce thème. Pour une première édition, c’était cadeau. Donc il y aura :

  • Un espace networking. Ramène tes cartes de visites, ta prochaine collaboratrice est peut être dans la foule.
  • Un workshop par Miss Anne Thropy pour danser avec un boa
  • Un atelier « tourne tes nippies girls » pour toutes celles qui veulent percer les mystères des ponpons qui tournent sur les pinups des films
  • Un atelier make up avec elle aussi pour savoir le parfait makeup pinup
  • Un espace relooking et shooting
  • Une masseuse présente sur l’événement
  • Une vente privée (avec tarifs préférentiels) et plusieurs stands
  • Open bonbons
  • Open popcorn
  • Une coupe de champagne

 

Concrètement, ça coûte combien ?

Ça coûte 50€, prix unique pour tout le monde. Ce prix de base donne accès à tout ce qui n’est pas ateliers, auxquels vous pouvez vous inscrire en plus à un tarif préférentiel. Et comme on voulait quand même permettre à tout le monde de profiter, nous offrons plusieurs « surclassements » aux premières inscrites.

Bon, là c’est devenu compliqué, du coup je vous ai fait un petit tableau récap. De rien.

girls wanna have fun

 

Mais ce concept 100% féminin, c’est pas un peu limitant finalement ? On a pas mieux à faire que faire joujou avec du maquillage ?

Déjà non. Va chier. C’est pas parce que t’es une fille à paillettes que t’es pas une femme forte et qui s’assume, c’est d’ailleurs pour ça qu’on installe un espace networking. Justement PARCE QUE les femmes sont de plus en plus fortes, s’assument, et osent prendre leur couilles à deux mains et monter leur boite, se lancer, faire ce qui leur plait.

Faut arrêter trois minutes d’exiger de nous d’une part qu’on soit super désirables tout le temps et de nous foutre dans la case « potiche » dès qu’on a envie de jouer avec nos cheveux, notre make up, ou un boa.

A la girls wanna have fun, si tu veux bouffer des bonbons en parlant de ton business plan avec d’autres personnes, tu peux. Si tu veux apprendre à faire sortir la bombe sexuelle qui est en toi avec un boa, tu peux. Et d’ailleurs nos amis trans/homo/ lesbiennes et tous ceux qui adhèrent à cet esprit sont admis.

 

Est-ce que tu as quelque chose à ajouter ?

Pour cette première édition, nous avons en plus un atelier « tourne tes nippies » d’organisé, qui est accessible à tout le monde pour seulement 10€ (ce genre de stage coûte plutôt dans les 50€ d’habitude). En plus, il y aura un stand de vente de nippies, du coup ça sera l’occasion ! On est encore en train de booker pleins d’autres super surprises donc vous pouvez nous suivre sur la page de l’événement, où on annoncera toutes les nouveautés au fur et à mesure.

On a aussi créé un groupe sur facebook où on vous proposera nos idées, et vous pourrez nous dire ce qui vous intéresse ou pas.

Enfin, vous pouvez parrainer d’autres girls. Si vous nous contacter pour nous prévenir que vous comptez inviter d’autres participantes, on vous éditera un code sur mesure. Dès que 4 personnes auront rentré ce code en prenant leur place, on vous remboursera la votre. Et on vous fera aussi un bisou à la soirée, avec du champagne.

 

Voilà voilà. merci à Valtesse de ne pas avoir tué tout mon stock de Haribo parce que ce soir, y’a soirée raid. je vous embrasse fort, et j’espère qu’on se verra sur place 🙂

Songes d’une nuit d’orient

Blog, soirées et expos

Toi lecteur, ça fait un moment que je ne t’ai pas embarqué dans de folles soirées. La dernière fois c’était probablement à 20.000 lieues sous Paris. On a dansé jusque tard et mangé des crêpes au petit matin, et les cocktails étaient supers biens. Tu te rappelle ?

Super, on remet ça ? Les filles d’Event Division nous gâtent avec les songes d’une nuit d’Orient, ça sera le vendredi 3 juillet à la Casbah dans le 11ème, et franchement ça promet.

Apparemment Docteur F est encore aux commandes de la carte des cocktails, rien que ça c’est une raison de venir. Avec le cocktail à 7,50€ seulement on va être bien. Il y a une performance prévues toutes les 30 minutes, de 22h à 4h du matin. Avec des intervenants aussi cools que Comtesse Léa, Lou Cat, Miss Anne Thropy,  Aswad et moi aussi d’ailleurs, je vous fait une version améliorée et adaptée de « toxic ». On va en prendre plein les yeux.

J’ai même un visuel pour me la jouer, du coup je vous le montre :

annonce performer

Y’a carrément un bruit qui court comme quoi la soirée est déjà sold out, tellement on a tous l’intention de venir. Du coup viens aussi, sinon tu vas grave nous manquer.

Bon mais le truc dont il faut qu’on parle c’est qu’à 8 jours de la soirée, un truc gentil qu’il faut faire, quand on aime les gens qui organisent des choses, c’est de réserver sa place. Ca permet aux lutins, djiins et autres génies de procéder à l’orga l’esprit léger, et de pas avoir à avancer des sommes monstrueuses de leur poche. Parce que la magie a ses limites, généralement payer les factures en est une. Nan puis ça t’évitera d’attendre trop long à l’entrée, voire même de pas pouvoir entrer du tout.

On en a déjà parlé à l’occasion des Geek Faeries mais j’ai pensé que ce serait pas con de le rappeler : soutenir les créateurs, c’est aussi par ce petit geste que ça passe. Et encouragez vos potes à venir, je retire mes fringues seulement une fois tous les trois mois en ce moment, ça serait dommage de rater ça (du moins en public, à la maison j’adopte un rythme plus soutenu).

Je vous laisse avec une interview vidéo des orgas super super bien faite (Bravo l’écho vaporiste), et puis le lien vers la billetterie. https://www.weezevent.com/songes-d-une-nuit-d-orient

A vendredi !

Ce qu’un an et 52 autoportraits m’ont appris sur moi, sur la photo, sur les autres.

(ma) vie de fille, Blog

Ce qui compte, c’est de donner sincèrement, sans compter

Il  y a des jours où atteindre la qualité qu’on juge « minimum pour parution » est impossible, que ce soit pour des raisons de temps, de moyens, ou simplement à cause d’un ratage. L’essence du projet étant dans sa régularité, il a fallu apprendre à vivre avec.
Aussi il y a une semaine où j’ai pu consacrer 4 heures à la retouche d’une seule image, et d’autres où la prise de vue et la mise en ligne ont pris bout à bout 30mn.

Semaine 13

Un projet préparé, pensé et exécuté. Le résultat n’est même pas ce que j’espérait, mais au mois tout à été fait dans les règles

Semaine 16

Une mage réalisée en un clin d’oeil en lumière naturelle, avant d’aller déjeuner chez ma grand mère. Ironiquement, une des meilleures de la série.

 

Je ne suis pas maîtresse de ce que je photographie

(Ou bien c’est les autres qui ont plus de discipline que moi… )

Mise en situation : J’avais prévu de faire une carte postale cochonne ambiance Paris début de siècle, je me retrouve avec une pin-up très Amérique 1950. Oups, l’habitude…

Je n’ai pas assez d’espace pour disposer les flashs comme je veux, finalement le nu en noir et blanc c’est mort. Bon je vais mettre mon ensemble en latex, il est super mignon, pas grave.

C’est un travers contre lequel il a fallu sacrément lutter d’une semaine sur l’autre. Quand j’avais une idée très précise de ce que je voulais, il m’est arrivé de me battre jusqu’à ce que j’obtienne exactement ce à quoi je pensait, comme par exemple pour la série (un)dressed. Mais le plus souvent, je changeait mon fusil d’épaule. Si c’était à refaire, je me forcerai peut être à plus de discipline, pour ne pas regretter ensuite de ne pas être plus sortie de ma zone de confort.

IMG_9923-Modifier

 

Le matériel, ça compte

Non sans rire, bien sur que ça ne fait pas tout mais ses limites peuvent être infiniment frustrantes. La faible ouverture de mon objectif par exemple a été la source de nombreuses frustrations, j’aurais volontiers exploré des effets de Bokeh bien soyeux. Néanmoins, il m’a suffit d’investir dans un kit de flashs bas de gamme pour complètement révolutionner mes prises de vue (et me permettre de shooter l’hiver quand la lumière naturelle ne rentre plus assez dans mon appartement).

Semaine 22

Première photo réalisée avec mon kit de flashs. Le coup de foudre immédiat.

La discipline aussi

Oui, ranger le studio alors qu’il faudra le ressortir dès le week-end prochain, ça ressemble un peu à une punition. Déplacer les meubles de mon petit chez-moi chaque semaine ressemblait parfois à une tâche insurmontable. mais c’est dans les usages du quotidien que je trouve la force de continuer, il fallait donc maintenir mes habitudes autant que possible pour éviter que je me retrouve complètement déphasée.

 

Mon corps change moins que la façon dont je le perçoit

Il y a eu des jours où quoique je porte je me sentais très moche, et d’autres où tout m’allait. Les semaines où me mettre au travail m’a le plus coûté sont les celles où j’avais le sentiment que qu’importe mes efforts, je n’arriverai jamais à me rendre présentable. Ce qui est particulièrement intéressant à ce sujet c’est que de toute l’année, mon corps a très peu changé.

 

En plus je sais pas me maquiller.

Mettons que j’ai commencé à piquer ses magazines à ma maman vers mes 12 ans. On en est à 14 ans de conseils beauté mis bout à bout. Pourtant c’est Comtesse Léa qui m’a appris à m’épiler les sourcils cette année et à les maquiller. Je déplore que l’industrie soit si douée pour inventer de nouveaux fards censés révolutionner nos rituels beauté alors que les magazines sont si mauvais à nous expliquer comment tirer partis des basiques. Pas étonnant qu’on se trouve toutes moches et qu’on continue à acheter, me direz-vous…

Il en va de même pour la coiffure, et j’ai beau avoir scruté mes collègues, elles non plus ne semblent pas avoir accédé à un savoir supérieur sur la question. Ça a tendance à me foutre un peu en rogne.

 

D’ailleurs, chacun verra bien ce qu’il veut dans mes images

Il y a des images que j’ai publié jute parce que je me trouvait très belle dessus, j’ai reçu des compliments sur la compo. D’autres où j’étais très fière de la lumière, j’ai eu des compliments sur mon corps. Certains ont vu une croisade de l’acceptation de soi et une ode aux courbes, d’autres un parcours d’apprentissage. Il y en a qui ont décidé que c’était un projet artistique. Ma propre opinion a évolué d’un jour sur l’autre, mais si il faut dire la vérité, je cherchait juste un moyen sympa d’animer ma petite communauté, étant quand même community manager de formation. En gros, j’ai fait ça parce que je vous aime et que je veux vous garder contents, voilà.

 

Les copains ont envie d’aider.

Donc merci Gary, Jérôme, Bess, Cécile, Roxanna, Justine, Nicolas, Marie-Odile, Marilou, Marie-Ange, Kevin, Sarah, Aurore. C’était fun. Vous avez fait make up artist, doublure lumière, trépied humain, accessoiriste, éclairagiste ou garde du corps. Vous êtes cools.

 

Arrête tes conneries

Éloigne toi du fond, grognasse.

Le mur est aussi éclairé que toi ça n’a aucun intérêt.

Et là, t’as coupé le pied.

Elle est surex cette photo.

La verticale est pas verticale.

Ça aurait été mieux avec le focus sur le visage.

Tiens toi droite

Rentre le ventre

Y’a une ombre, là.

Autant de leçons à retenir pour la suite, du coup. Ca ne sera pas une photo par semaine, mais je compte bien mettre tout ça à profit.

Un petit cadeau juste pour célébrer les Gf On the web

Blog, soirées et expos

Les Geek Faeries on the web c’est ce week end (en fait, vu la date de parution de cet article, c’est très probablement maintenant. Là)

Pour ceux qui ne le savent toujours pas, les Geek faeries c’est un festival identitaire geek, qui célèbre une culture et ses modes d’expression. Proche du fandom, proche des gens, humain, épique. Je suis tombée amoureuse de l’équipe en 2012. Depuis nous collaborons sur un module très spécifique du festival : Les Eroteek faeries.

On aime tellement ce module, et vous l’aimez tellement vous aussi, qu’on aime le reproduire aussi dans les éditions dématérialisées du festival, mais toutes les salles ne s’y pretent malheureusement pas. Un spectacle burlesque, pour ne pas gêner les voisins, il faut quand même que ça soit sacrément insonorisé 😀

Anyway.

J’avais envie de faire quand même un petit quelque chose, et je me suis dit qu’un truc bien ça serait de prendre quelques photos. Comme ça je peux faire de la pub pour le festival et y ramener quelques viewers de plus, et faire un petit cadeau aux membres déjà existants de la communauté.

Donc voilà, il existe un password. Samedi soir je le diffuse. Trouvez-le et vous gagnerez une série de photos complètes.

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Vous remarquerez sur le preview ma copine Brigitte, c’est un souvenir des OnTheWeb v2.0 offert par Alfinor. Il est super talentueux, j’ai profité de chacun de mes passages près de son bureau pour regarder. Et vous noterez l’emblème des Geek faeries sur son dos. La classe.
Le fond d’écran de mon ordi a été créé par un membre de la communauté et uploadé sur le thumblr des Gf lors du ontheweb V1.

On va inventer des moyens intelligents ou marrants pour vous de l’avoir, comme le demander sur l’IRC ou fouiller les thumblr et/ou le flux twitter des GF. Voire me poser directement la question (hein, ça serait une idée).

Voilà, je vous aime.

D’ailleurs on va la jouer nostalgique, voici la playlist des premières Eroteek On The Web : https://vimeo.com/channels/611852 (On fera encore mieux en juin)

Eroteek Faëries V3 : L’ouverture des Eroteek from Geek Faëries on Vimeo.

Les nouvelles du front

(ma) vie de fille, Blog

Je ne vous ai pas donné de nouvelles depuis trop longtemps, c’est mal.

Comme vous le savez sans doute, en juillet je tombait dans une profonde phase de déprime en faisant mes comptes. Vous ne savez pas ce qui a causé ce constat. Ca va demande une rapide mise à jour : en 2012 mon père a pris sur lui de continuer à me verser une petite somme chaque mois, comme quand je faisait mes études, pour m’accompagner dans le début de ma vie active. Il a pris cette généreuse décision quand les choses ne se sont pas passées comme prévues pour moi. (Pour faire court, la boite qui m’avait embauché après mon stage à la sortie de l’école a finalement changé d’avis 15j avant la fin de ma période d’essai. Naive, j’étais tellement confiante que j’avais déjà trouvé un joli placard appartement sur Paris. Mon père à proposé de m’aider  à le garder, et a donc continuer à me donner ce coup de pouce mensuel.).
Papa, comme c’est son droit, a décidé d’arrêter. ET c’est pas grave parce que les choses vont mieux pour moi aujourd’hui qu’en 2012 mais je suis encore à découvert tous les mois sans sortir et sans me payer de fringues, donc l’avenir ne s’annonçait pas super souriant. Mon projet photo en cours s’en trouvait un peu remis en question.

Et là il s’est passé un truc de fou : certains de mes fans dont je suis le plus proche m’ont fait savoir tout net que si j’avais besoin d’aide, ils seraient heureux de participer. J’ai mis en place cette page : http://www.mademoisellecherie.net/contribuer/ et contre toute attente plus de 400€ ont étés levés en 15 jours pour m’aider à remplir mon frigo, à envoyer mon loyer en début de mois (ça serait con que je me fasse expulser, hein) et à continuer à financer make up, réparations de mon matériel, et occasionnellement achat d’un rouleau de papier peint pour changer le fond de mon « studio ». Pendant une semaine, j’ai sous-loué mon appartement à un collègue de Marseille de passage à Paris pour les vacances. J’ai aussi mis plusieurs tenues en vente, et je me suis mise à beaucoup bosser sur un site qui me permet de rentabiliser mes photos. Et du coup aujourd’hui ça va mieux.

MERCI. Mais vraiment du fond du cœur. Je l’ai déjà dit à tout le monde individuellement mais vraiment vous êtes de grands malades et je suis juste démunie devant cet élan tellement c’est inattendu.

Du coup depuis fin août, ça va mieux. Je tenais à vous le dire parce que c’est important que vous sachiez que vous ne m’avez pas portée pour rien : grâce à vous je me sens assez forte pour continuer sans l’aide de ma famille. J’ai retrouvé mon énergie et mon sourire, et j’ai de nouveau pleins de projets.

Les 52 autoportraits vont bientôt être bouclés, j’en suis à 40, plus quelques prises de vue inattendues qui me sont tombées dessus. Il y a des copines qui ont pensé que j’étais assez bonne pour les photographier, et je me suis retrouvée à mettre ce que j’ai appris en photo au service d’autres personnes, et c’est super agréable.

Bon du coup je ais me remettre à la création de costume parce que j’ai plein d’idée et de nouveau plein d’énergie pour affronter les longues nuits de couture. En plus le bal paradoxal approche, et en janvier y’a les GF on the web.
D’ailleurs pour les GF on the web, j’ai super hâte. Les copains me manquent, et j’ai pleins de numéros à vous monter et de gens supra motivés qui sont prêts à me rejoindre dans l’aventure.

Du coup je vous laisse avec une vidéo des copains qui eux aussi vont bien.
Et n’oubliez pas que je vous aime

Mate moi, je l’ai bien cherché

(ma) vie de fille, backstages et récits des shoots, Blog

Hier soir River, le pendant photographe de Sirithil, a fait un truc dont elle rêvait je crois depuis un moment : elle m’a jeté nue dans un lac.
Son immense emprise sur mon cerveau n’est plus à prouver, je pense d’ailleurs qu’il faut que je commence à me méfier de ce qu’elle pourrais faire d’un tel pouvoir.
Bref, sachant ce qui me pendais au nez, je lui ai montré ça :

Je suis désolée c’est sous titré en… je sais même pas en quoi c’est sous-titré. C’est Gary qui m’a fait découvrir ce film un week end de 15 août. Vous ne le connaissez pas mais je l’écrit au cas où il passe par là : j’ai passé une chouette après-midi et tu avais raison sur ce film.

Bref. Ca vous vous en foutez.

Ce que je compte bien vous raconter par contre c’est ce qu’il s’est passé alors qu’on vaquait toutes les deux à nos affaires pour faire ce qu’on fait. mais avant je vais vous montrer le résultat parce que je trouve qu’on a bien bossé :

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Généralement le comportement des personnes qui croisent un shooting sauvage s’échelonne de la bienveillance à l’ignorance la plus totale (une séance photo ? quelle séance photo ?), en passant par plusieurs stades de curiosité. Demandez-moi une moyenne, je vous dirais que la question à laquelle il faudra répondre le plus souvent aux passant c’est soit « est-ce que c’est bon, je peux passer ? » soit « c’est pour quel magazine ? ».
On n’a pas eu de chance hier soir, il y a bien eu quelques passants amusés, des sourires, des « elle est pas froide ? » (non ça va elle est plutôt tiède, je m’attendais à bien pire) mais on a aussi eu plusieurs spécimens assez lourd qui, additionnés les uns aux autres, ont faillis me convaincre de me rhabiller et renoncer à mes images.

Ca commence avec le camion plein de ce que je suppose être des employés de la mairie, qui sont passés a proximité et qui se sont arrêtés parce qu’à me voir dans la flotte comme ça de loin, ils ont cru à un accident. Nous les avons rassurés, nous les avons remercié de leur sollicitude, et j’ai dit à leur porte-parole que dit que si maintenant ils étaient pleinement tranquillisés, avec leur permission j’aurais aimé continuer à vaquer tranquillement à mes occupations.

Je vous défie d’avoir cette conversation avec qui que ce soit, nue comme un ver, dans l’eau jusqu’à la taille, les bras croisés sur la poitrine et les pieds écorchés par le fond du lac. Envoyez-moi vos selfies si vous le faites, qu’on rigole. Moi je me sentais très con, et j’imagine que ça m’a fait perdre pas mal de mon autorité.

Le mec s’est attardé, à fait remarquer à la cantonade que quand même, je suis bandante, mais a fini par s’éloigner. Enfin pour un moment. J’avais mieux à faire que de m’insurger sur son comportement comme son vocabulaire. On a continué nos photos.

Ensuite c’est un promeneur qui s’est arrêté et nous a posé quelques questions. On y a répondu d’aussi bonne grâce que possible (rapatriement de mes avant bras sur ma poitrine), et on a attendu qu’il parte, ce qu’il n’a pas fait. Je lui ai demandé si il allait rester là à mater, il m’a répondu que oui, qu’il faisait ce qu’il voulait, qu’il n’y avait rien de mal à mater, et que d’ailleurs on est en France et c’est un pays libre. J’ai bien sur rétorqué que pour les mêmes raisons de liberté, je suis libre de refuser qu’un étranger lorgne mes seins de façon aussi ostensible. J’ai insisté sur le fait que j’avais explicitement exprimé mon opposition et que c’était vraiment crade de sa part de rester quand même, mais il n’en avait apparemment rien à foutre. une promeneuse s’est arrêté pour nous aider. River/Sirithil a pris une photo du type au cas où, la promeneuse s’est mis à le filmer, après quelques menaces fusant un peu de tout les côtés (« je vais appeler les flics !! ») le mec s’est néanmoins éloigné en insultant copieusement la promeneuse.

Retour au très bienveillant groupe de types non-identifiés du camion un peu plus tot. Massés sur l’autre rive, leurs commentaires me parvenaient jusqu’à mon coin de lac. « Putain les nichons ! ». On s’est brièvement demandé si ils avaient des jumelles ou pas pour mieux voir.
Je sais qu’ils sont énormes mais à cette distance quand même…

Je ne vais pas plus vous raconter ma soirée. Je voudrais juste revenir sur deux ou trois choses.

Oui j’étais nue dans l’espace public. J’aimerai m’adresser à tous ceux qui blâment les victimes de prime abord, on gagnera du temps. RIEN ne justifie qu’on continue à regarder une personne qui vous a demandé d’arrêter. Ou à la rigueur vous êtes en train de filmer un crime pour permettre à la police d’arrêter le tueur. Le consentement est au centre de pleins de débats en ce moment, et ben je peux être là dehors et ne pas consentir à ce qu’une personne se pose à trois pas de moi pour me mater ouvertement.

Dire à une parfaite inconnue qu’elle a une poitrine attirante n’est pas acceptable. Tu me dis que c’est « gentil » et que c’est « juste un compliment ». Si c’est un compliment va le faire à ta mère pour voir. Mec, je me fout de ton opinion. Positive ou négative. Je reste polie uniquement pour te prouver qu’on peut être à la fois nue et dotée d’un cerveau, voire d’une âme.

Le passant super chiant a proposé de nous prendre en photo toutes les deux. Parce qu’il est un homme et que nous sommes deux femmes, vous savez. je pense qu’il n’y a pas besoin d’en dire plus.

Le porte parole des gentils mais lourds monsieurs en camion est revenu pour nous proposer de faire des photos avec « un beau black ». Non, merci. Être une femme nue dans l’espace public ne fais pas nécessairement de moi une nymphomane ni de la femme qui me prends en photo une pornographe. Notre refus conjoint ne fais pas non plus de nous des lesbiennes. Nous ne te rejetons pas parce que nous détestons tous les hommes, nous te rejetons parce que ta proposition ne nous intéresse pas. Et là encore, nous sommes restées polies pour des raisons évidentes de pédagogie. On s’est même expliquées avec le monsieur.

River et moi ne sommes pas intéressées par les photos d’hommes. J’ai lu quelque part que plus on est exposé à un objet en image plus on est enclin à le trouver beau. Sérieux, il y a eu des études sur la question pour nous prouver encore une fois que lire des magazines féminins détruit notre vision de la beauté en imposant littéralement à notre cerveau ces images auquelles ont est massivement exposées comme la référence. J’ai l’impression d’avoir été conditionnée à n’aimer que les filles nues, l’égalitaire en moi a toujours trouvé ça triste, et un jour je m’interresserai vraiment à photographier des modèles masculins juste pour rétablir un semblant de justice dans mon univers.

Je m’insurge une dernière fois que quand une fille croise les bras pour dissimuler son corps, il y ai encore des gens assez con pour se placer en spectateur et ne pas détourner le regard. Je remercie la passante qui s’est impliquée pour nous. Je rassure River : je t’en veux pas meuf.
Vous pouvez lire son article sur la question si vous le souhaitez.

Vous noterez que j’ai volontairement évité d’orienter le débat sur le fait que ce que nous faisions n’avait rien de provoquant ou de vulgaire, parce que je pense que même si ils étaient tombé sur un tournage porno sauvage, la bonne attitude ça aurait été de passer leur chemin silencieusement.
Même les filles à poil ont droit à leur tranquilité, merde.

Je vous embrasse fort, à très vite pour de nouvelles aventures.
Et n’oubliez pas que je vous aime.